Tous ensemble pour ne pas payer leur addition !
2 décembre 2008 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Toutes les mesures et prétendus plans de relance proposés par le gouvernement sont destinés à sauver les banquiers et les profits du patronat, en enfonçant nos têtes sous l’eau !
Le travail du dimanche si cher à Sarkozy ? Son paiement à 200 % n’est finalement plus à l’ordre du jour. Cela détruira des emplois en semaine, disent même les experts. Travailler plus et gagner moins pour certains, le chômage pour les autres !
Et voilà la meilleure : Sarkozy préconise la généralisation et la prolongation du chômage technique à la demande (patronale) ! Les payes pourraient ainsi être amputées de 50 % pendant un an au lieu de 6 mois. Il nous faudra encore accélérer les cadences (bonjour les maladies professionnelles et les accidents du travail !) et, au moindre caprice patronal : renvoi à la maison en nous volant notre paie, nos congés ou les deux ! Payer intégralement les salaires coûterait à Renault 100 millions d’euros : 1/16e de ce que le PDG Ghosn a promis aux actionnaires pour mai 2009.
Suppressions de postes et saccage du secteur public
Dans la fonction publique, 160 000 postes au total doivent disparaître entre 2008 et 2012, dont la moitié dans l’Education. Les hôpitaux ne sont pas épargnés. Faute des subsides nécessaires de l’Etat, les budgets sont en déficit dans 29 CHU sur 31. Pour renflouer les caisses, les directions prévoient des suppressions de postes, de jours de RTT, et le gel des embauches. L’ardoise cumulée des hôpitaux atteint un milliard d’euros : finalement peu, comparé aux 360 milliards pour les banques, 40 milliards de « relance » (pour les profits patronaux), qui s’ajoutent aux 15 milliards du paquet fiscal pour les riches.
La crise, au lieu de stopper la casse des services publics afin d’offrir quelques perspectives d’embauche à la jeunesse, sert de prétexte pour accélérer leur démantèlement. À terme, sans réels moyens pour fonctionner, ils sont menacés de vente à la découpe. Les bouts rentables seront offerts au privé, les autres restant à la charge du contribuable.
Licenciements et profits dans le privé
Le privé n’est pas en reste. L’Humanité recensait le 28 novembre 672 suppressions d’emplois à La Redoute Roubaix, 1 600 à Ford Blanquefort, 850 à PSA Rennes, etc. Au total, pour le seul mois d’octobre, 47 000 postes en moins dans tout le pays, grandes ou moyennes entreprises.
Les profits des grandes entreprises n’ont pourtant pas disparu : 99,7 milliards engrangés cette année par les grandes entreprises cotées en Bourse. Cet argent, il existe, il est le fruit de notre travail et il va falloir aller le chercher. Par une mobilisation de nous tous, travailleurs du public comme du privé. La politique du patronat et du gouvernement mérite une réponse massive et musclée, même si les directions syndicales ne semblent pas bien pressées, puisqu’elles remettent toute initiative à l’année prochaine.
La colère des salariés
Fort heureusement, dans bien des secteurs, on ne les a pas attendues. Ainsi en 4 jours de grève, les salariés de Faurecia Sieto qui font des sièges pour Toyota Valenciennes ont obtenu le paiement à 70 % de leurs jours de chômage technique, au lieu des 50 % légaux, et l’arrêt des procédures de licenciement contre 14 grévistes. Ceux d’un sous-traitant pour Peugeot Poissy, chez Lear à Cergy, en font autant en ce moment. Ce ne sont que des exemples.
Quant au secteur public : grève massive des enseignants le 20 novembre, grève des télés et radios publiques, des postiers, des cheminots. Mais pour le moment, c’est chacun à son tour, un jour différent.
Ce que les patrons et le gouvernement craignent, c’est que nous nous y mettions tous ensemble, public et privé. Il faut sérieusement nous y préparer.
Tous ensemble pour :
Le maintien intégral des salaires, le partage du travail entre tous, l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emploi, la création massive d’emplois dans les services publics, l’augmentation générale des salaires de 300€ par mois et pour tous !


Réactions à cet article
2. Tous ensemble pour ne pas payer leur addition ! , 10 février 2009, 14:02
Même si on ne sait jamais...il serait très étonnant que la grève générale et illimitée puisse être décrétée dans les conditions actuelles(les bureaucraties syndicales n’en veulent pas et les travailleurs combatifs ont trop peu d’influence).
Peut-être vaudrait-il mieux pour le moment limiter l’ambition à des grèves locales,mais qu’il faudrait pouvoir animer par un retour à de vraies méthodes de lutte de classe.Pour n’en citer que quelques-unes:Lutte contre les bureaucraties syndicales,refus du principe de négociations se faisant APRES la reprise du travail,extension des luttes,organisation de caisses de grève,de l’auto-défense ouvrière contre les inévitables attaques des conservateurs et des fascistes...
Cà fait déjà beaucoup de pain sur la planche.
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