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Archives > Éditos L’Étincelle > 2008 > novembre > 24

A nous de refuser d’écoper leur crise !

Le groupe automobile PSA a annoncé la semaine dernière un nouveau plan de « départs volontaires ». Ce sont plus de 3 500 postes qui devraient disparaître, en plus du départ de près de 7 000 salariés du groupe depuis 2007. Ce n’est pas tout. La plupart des usines du secteur automobile annoncent plusieurs semaines de fermeture temporaire. Pour les salariés, ces fermetures se traduisent au mieux par la perte de jours de congé, par des journées à récupérer à l’avenir, au pire par des pertes de salaires qui, à Renault-Sandouville par exemple, sont de 300 à 400 euros par mois. Des milliers d’intérimaires ont vu leurs contrats se terminer. Chez les équipementiers et sous-traitants, ce sont plus de 3 000 salariés qui vont se retrouver sur le carreau. Et tout cela n’est sans doute qu’un début.

« La faute à la crise » ?

Difficile de prévoir comment et à quel rythme la crise économique actuelle se développera. Ce qui est sûr, c’est que les patrons la font déjà payer aux travailleurs. Dans ce contexte, les coups contre les salariés sont présentés comme une fatalité. En réalité, il s’agit bel et bien de choix politiques. Car, crise ou pas, les profits se portent bien. Les 40 plus grandes entreprises françaises ont annoncé pour cette année des bénéfices supérieurs à ceux de 2007 : pour la troisième année consécutive ils seront de l’ordre de 100 milliards d’euros. C’est largement de quoi maintenir tous les emplois et d’embaucher tous les précaires. C’est aussi largement de quoi maintenir l’intégralité des salaires et même les augmenter.

Ce ne sont pas les « nécessités économiques » qui dictent la politique des patrons, c’est la défense de leurs intérêts de classe contre les travailleurs. Si la crise n’existait pas, les possédants auraient pu l’inventer. Les dizaines et centaines de milliards affluent vers les caisses des banquiers d’abord, des grands patrons ensuite, et on n’a pas tout vu. Incroyable mais vrai, ces sommes faramineuses seront prises dans la poche des plus modestes. Par exemple ces 20 milliards d’euros de « Fonds souverain » de Sarkozy qui devrait servir notamment à faciliter les « restructurations » dans l’automobile, bref à aider les patrons à licencier, viendront pour moitié de la Caisse des dépôts, organisme public qui gère les petites économies des livrets A censés financer le logement social ! Pour l’autre moitié, ce fonds sera financé par le budget de l’Etat avec les nouveaux démantèlements des services publics que cela suppose.

Tous ensemble !

Il va falloir mettre un terme à cette spirale infernale. La colère existe, s’exprime depuis deux mois, entre autres par des rassemblements, journées de grève et manifestations, de travailleurs de l’automobile (de Renault Sandouville, General Motors Strasbourg ou Ford Bordeaux), d’employés de la Camif ou de la Redoute, de postiers, cheminots, enseignants tout récemment. Le calendrier social est chargé. Mais les travailleurs manquent de perspective de classe, d’un plan de mobilisation d’ensemble, le seul qui puisse faire reculer patrons et gouvernement.

A gauche, les dirigeants du PS comme du PC ne songent qu’à s’étriper pour la meilleure place de départ dans la course aux élections européennes de 2009 et présidentielles de 2012, sans rien proposer aux travailleurs. Quant aux fédérations syndicales, elles organisent au mieux des « journées » de leur corporation, en prenant bien soin que les travailleurs de telle branche ne rejoignent pas ceux de telle autre.

Aujourd’hui tous les travailleurs sont attaqués. Il faut que le succès des dernières manifestations sectorielles ou locales soit un encouragement pour une véritable mobilisation d’ensemble du monde du travail derrière des objectifs communs :

  • l’interdiction des licenciements y compris des intérimaires, celle des suppressions de postes et de la précarité
  • le maintien du salaire intégral pour les journées chômées, mais aussi l’augmentation générale de tous les salaires (d’au moins 300 € par mois)
  • l’expropriation des banques et leur mise sous le contrôle des travailleurs mobilisés et organisés d’une branche à l’autre.

Oui, une lutte d’ensemble sera bien le seul moyen de ne pas être les victimes du capitalisme et de ses crises.

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