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Accueil > Éditos de bulletins > 1998 > janvier > 26

TRAVAILLEURS, CHOMEURS, TOUS UNIS DANS LA LUTTE ET DANS LA RUE

Non Jospin ne fera pas reculer le chômage, cette plaie du système qui menace dans leur existence, non seulement les chômeurs mais tous les travailleurs, et même tous les jeunes dont l’avenir est compromis. Ce n’est pas le chômage que Jospin combat quand il envoie les CRS contre les chômeurs en lutte dans les ASSEDIC, ni quand il essaye de faire passer les 35 heures à sa sauce.

Jospin l’a encore redit aux patrons : qu’ils se rassurent car il ne veut surtout pas les obliger à quoi que ce soit. Il leur demande seulement, en fonction de leurs intérêts, de tirer profit de la possibilité qui leur sera offerte d’annualiser le temps de travail, de le réduire sans obligation d’embaucher en compensation, avec à la clé la « modération des salaires » et des milliards de nouvelles subventions. Car Jospin n’est chiche que lorsqu’il s’agit des chômeurs. Il ne craint pas en revanche d’assister les patrons.

Augmenter les minimas sociaux de 1500 F, pas question pour Jospin. «  Ca coûterait 70 milliards ». Ca bouleverserait sa politique économique et «  tout n’est pas possible tout de suite » dit-il. Donner par contre 150 milliards par an aux patrons qui non seulement ne créent pas un emploi mais continuent à licencier, ça ne pose aucun problème au gouvernement. Donner 135 milliards pour boucher le trou du Crédit Lyonnais non plus.

Et Jospin de nous resservir que satisfaire la demande des chômeurs ne serait pas les inciter au travail. Il est vrai que pour inciter à travailler pour un salaire inférieur au SMIC, voire la moitié, il vaut mieux laisser crever les sans-travail à 2 000 F par mois !

Jospin veut diviser les chômeurs et les travailleurs, alors qu’ils sont face à un même problème et qu’ils ont les mêmes intérêts. Il faut non seulement 1500 F d’augmentation sur les minimas sociaux, mais aussi 1500 F d’augmentation des salaires, à commencer par le SMIC. Cet objectif correspond, tout comme l’interdiction des licenciements, à une vraie mesure d’urgence contre le chômage. Et il serait bien sûr nécessaire de diminuer le temps de travail, alors que la productivité ne cesse de croître. Mais sans annualisation, avec embauche en compensation et évidemment avec le maintien intégral des salaires ! De telles mesures d’urgence ne peuvent être imposées au patronat – et au gouvernement qui le sert – que par la lutte des chômeurs et des travailleurs tous unis.

Lionel Jospin, Robert Hue, les dirigeants du parti Socialiste et du Parti Communiste, ainsi qu’à leur suite certains leaders des confédérations syndicales, n’agitent les 35 heures (aux conditions du patronat !) que pour mieux placer la gauche aux prochaines élections régionales. Leur but n’est pas de développer l’offensive des travailleurs et des chômeurs. Ce serait même plutôt de freiner ceux qui sont déjà en lutte et de canaliser leur énergie pour la transformer en parades à usage électoral.

Bien sûr qu’il faut manifester, mais sûrement pas pour redorer le blason du gouvernement Jospin qui s’est discrédité en prenant à partie les chômeurs en lutte et en intervenant contre eux !

Pour faire reculer le chômage, seule compte la force unie des travailleurs, de ceux qui ont encore un emploi, comme de ceux qui l’ont perdu. Nous avons l’occasion de la montrer dans la rue, ce mardi, en manifestant contre les patrons et contre le gouvernement Jospin. Certes ceux qui sont à l’origine de cet appel espèrent bien que nous nous rangerons bien sagement derrière eux et derrière les objectifs qu’ils voudraient nous assigner.

Mais si nous affirmons clairement dans ces cortèges notre volonté de lutte pour un véritable plan de mesures d’urgence en faveur des travailleurs contre le chômage, nous ferons, malgré eux, un pas important vers ce grand mouvement d’ensemble, nécessaire pour imposer au patronat et au gouvernement le partage non pas de la misère, mais des richesses.

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