Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Les articles du site

Smic et sous-smicards, ras-le-bol

29 septembre 2021 Article

Amélie de Montchalin, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a annoncé qu’au 1er octobre « plus aucun emploi public ne serait rémunéré sous le Smic ». On peut s’étonner d’une telle annonce, étant donné que le Smic signifie Salaire minimum interprofessionnel de croissance, il fixe donc un salaire de base minimum pour que les patrons ne puissent pas rémunérer leurs salariés sous ce seuil. Il semblerait donc logique que « plus aucun emploi ne soit rémunéré sous le Smic » puisque c’est justement son rôle… Mais non !

Une bourde ou une combine

Cette revalorisation annoncée par Montchalin, d’un montant titanesque de 37 euros brut par mois, fait suite à une bourde du ministère. Les syndicats avaient en effet remarqué, début septembre, que les nouvelles grilles incidiaires [1] des premiers échelons de catégorie C (postes les moins payés), censées s’appliquer le 1er janvier, n’avaient pas été modifiées et se trouvaient donc obsolètes avant même leur mise en œuvre.

À La Poste comme dans bien d’autres secteurs, la colère est bien là contre des salaires bas, qui s’ajoute à celle contre les fermetures de bureaux, les cadences infernales, le manque de facteurs… Début septembre, donc, des tracts ont circulé : « le Smic sera maintenant 20 euros au-dessus du salaire d’embauche minimum à La Poste » : des salaires bien bas pour des cadences trop élevées !

La direction de la Poste s’est empressée de proposer une revalorisation pour les trois premiers échelons (de 20 à 247 euros annuels) tout en justifiant, dans le même communiqué, que la « rémunération à l’embauche est constituée de salaire de base » auquel on ajoute des compléments de rémunération et des primes. Et c’est là que se joue l’escroquerie !

L’entourloupe des minima

Légalement, le salaire perçu ne peut tomber sous le Smic, mais il existe des minima de branches sous le Smic, et pas seulement à la Poste, en fait dans des dizaines de branches. Dans ce cas, l’employeur est censé combler la différence, il peut le faire par exemple avec des primes. L’hôtellerie-restauration, la sécurité, la propreté : ce sont au total 220 branches qui ont l’obligation de négocier périodiquement les salaires, mais aucune d’aboutir à un accord. Actuellement, quarante-cinq branches ont un minimum conventionnel inférieur au Smic, une situation liée à la revalorisation automatique du 1er janvier pour vingt-cinq d’entre elles et plus ancienne pour les autres, faute d’accord.

Cette fois, la direction de la Poste a plié face aux injonctions du gouvernement, briguant déjà les futures élections, mais uniquement sur les plus bas échelons (sous 19 000 euros brut annuels). Les autres salaires, alors qu’ils restent très bas, n’augmenteront pas d’un iota, à moins que les travailleurs et travailleuses ne fassent entendre leurs voix.

La coupe est pleine

Chez Orange, les salariés ont également fait grève et manifesté le 21 septembre pour dénoncer leurs conditions de travail, les 35 000 emplois déjà supprimés et les milliers à venir. Pendant qu’Orange externalise les prestations, sans former le nouveau personnel, les actionnaires empochent 2,6 milliards d’euros (en 2020) et le réseau téléphonique se détériore.

Et rappelons que si le Smic horaire brut passe de 10,25 à 10,48 euros au 1er octobre, ce n’est que son augmentation obligatoire légale en fonction de l’indice officiel de la hausse des prix, l’inflation mesurée par l’Insee, loin des hausses successives du prix du gaz par exemple.

La coupe est pleine et les poches sont bien vides, le gouvernement veut nous faire taire en distribuant des miettes et en promettant des discussions sur les salaires « horizon 2023 ».

Travailleurs et travailleuses se mettront en grève le 5 octobre, à la Poste mais aussi à la SNCF, dans les hôpitaux, dans le privé…

Hélène Veneza  


Sources :


[1Les grilles indiciaires sont utilisées pour le calcul de la rémunération des fonctionnaires. Ce sont des indices de rémunération fixés pour les catégories A, B et C (le niveau C étant le niveau hiérarchique et de rémunération le moins élevé).

Mots-clés : |

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article