Contre l’inflation et pour financer les retraites : imposer la hausse des salaires !
3 octobre 2022 Éditorial des bulletins L’Étincelle Politique
Il y aura finalement un « cycle de concertations » sur la réforme des retraites à partir de cette semaine. Le gouvernement fait ainsi mine de temporiser, de peur que des grèves se multiplient. Les directions syndicales s’y sont aussitôt engouffrées, tout en disant qu’elles poseront quelques conditions. Mais l’objectif est déjà annoncé par Macron : le recul de l’âge de départ à 65 ans. Au-delà de l’espérance de vie en bonne santé.
Comme à chaque attaque, le gouvernement prétend « sauver le régime de retraite ». Sauf que la seule menace qui pèse sur ce régime est celle du gouvernement lui-même. Les réformes précédentes ont déjà fortement réduit les dépenses pour les retraites, ce qui s’est traduit par un allongement de la durée du travail et une baisse des pensions. Et le Conseil d’orientation des retraites prévoit un solde positif des caisses de retraites vers 2040 sans nouvelle réforme.
Pas de problème de financement, donc. Mais la nouvelle réforme vise surtout à accorder de nouvelles aides au patronat (baisse des impôts de production, baisses de cotisations sociales pour les entreprises). Comme si les profits ne battaient pas déjà tous les records !
Même si le gouffre financier était réel, il suffirait d’augmenter les salaires pour rétablir l’équilibre, en faisant rentrer des cotisations. Une telle hausse permettrait d’ailleurs de revenir sur toutes les réformes des dernières décennies, à commencer par le rétablissement de la retraite à 60 ans.
Des grèves pour les salaires
Le remède est le même concernant l’inflation, qui fait fondre les salaires. Face à la colère qui monte, le patronat veut se contenter de primes, qu’il pourra retirer l’année suivante. Mais plusieurs grèves ont éclaté pour de véritables hausses de salaire, comme à PSA-Stellantis, où 500 ouvriers ont fait grève durant trois jours à l’usine de Hordain, dans le Nord, suivis sur plusieurs autres sites. Le 28 septembre, 4 300 ouvriers ont débrayé dans le groupe, exigeant 400 euros d’augmentation par mois et 6 000 euros de prime. Ce serait bien le minimum, quand le groupe PSA affiche huit milliards d’euros de bénéfices au premier semestre. Même chose dans les raffineries TotalEnergies, dont plusieurs sont à l’arrêt du fait des grèves, ou chez Arkema, premier groupe chimique français, dont le site de Pierre-Bénite, dans la région lyonnaise, est en grève depuis plus de deux semaines.
L’impasse des référendums
Devant les profits indécents de certains secteurs, dont celui de l’énergie, les politiciens de gauche proposent un référendum sur la taxation des « superprofits », une impasse institutionnelle qui prendrait des mois. Macron lui-même ne rejette pas l’idée, tandis que l’Union européenne réfléchit à la question : preuve s’il en est qu’une telle taxe ne déplairait pas forcément au patronat. Elle pourrait lui permettre de mieux répartir les profits, en taxant d’un côté les bénéfices de ceux qui profitent le plus de la désorganisation de la production et de la guerre pour faire monter les prix, pour, de l’autre, accorder des allègements fiscaux à tout le patronat. Les classes populaires n’en verraient pas la couleur, ou au mieux sous forme d’un nouveau et dérisoire chèque énergie. La meilleure manière de taxer les profits, « super » ou pas, reste encore d’augmenter les salaires !
Tous en lutte !
Cette hausse de salaire, il faudra l’imposer au patronat, par la grève et les mobilisations, en se saisissant de toutes les occasions, dont la manifestation du dimanche 16 octobre contre la vie chère, à l’initiative de la France insoumise, à laquelle appellent des associations et organisations dont le NPA. Pour dire qu’il faudra surtout construire un rapport de force à la base, en s’organisant partout pour défendre nos revendications :
400 euros net pour tous au minimum chaque mois, aucun salaire ou pension en dessous de 2 000 euros net, et l’alignement systématique des salaires sur les prix.

