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SNCF : poussée de fièvre répressive !

Du 18 au 20 mai, cinq représentants syndicaux de la SNCF de Paris-Est (quatre de la CGT et un de Sud-Rail) sont passés en entretiens disciplinaires pour des faits qui remontent à la grève des retraites… En cette période de pandémie jamais vue, et qui n’est pas derrière nous, la SNCF est toute préoccupée, et au premier chef, par sa rentabilité financière et par la poursuite de la répression envers ses agents – la santé et la sécurité des usagers et des salariés passe largement après !

Entretiens disciplinaires… pour l’organisation d’un repas !

La direction reproche aux cinq délégués syndicaux d’avoir occupé un local situé à Vaires-sur-Marne, local qui est utilisé sans autorisation par la SNCF et dont le Comité d’entreprise de Paris-Est est en réalité le gestionnaire légal. La direction reproche aux militants d’avoir investi ce local un après-midi de février dernier pour y organiser une fête des cheminots de Vaires, dans le cadre de la grève contre la réforme des retraites.

Pour une simple fête, la direction a décidé de frapper fort ces 18, 19 et 20 mai puisque l’un des syndicalistes, secrétaire du CE, était convoqué en vue d’un licenciement. Les autres sont menacés de lourdes sanctions. La direction n’a pas encore rendu son verdict, elle a un mois maximum pour donner suite.

Acharnement répressif

La SNCF était tellement pressée de verbaliser qu’elle a même songé à organiser des entretiens disciplinaires en visioconférence durant le confinement… C’est vrai qu’après un mouvement de grève historique des cheminots, la direction voudrait montrer qu’elle a repris la boîte en main (de fer). Et les cinq militants de la gare de l’Est ne sont pas les seuls à faire les frais de ces pulsions répressives. En effet, un autre délégué syndical, Éric Bezou (qui travaille à Mantes-la-Jolie et compte 28 ans d’ancienneté à la SNCF), est dans le viseur de la direction. Lui aussi est menacé de licenciement pour s’être agenouillé devant sa responsable hiérarchique en lui demandant si c’était l’attitude attendue d’un subalterne. Le 12 mai dernier, la SNCF a demandé à la ministre du Travail un recours hiérarchique contre la décision de l’inspecteur du travail qui n’avait pas autorisé la radiation définitive de Éric Bezou. Sans grande surprise, Muriel Pénicaud envisage de donner raison à l’entreprise. La mobilisation contre son acharnement s’organise et se poursuit.

Bâillonner les cheminots en période de « vaches maigres » ?

Le moment choisi pour ces sanctions par la direction ne doit probablement pas grand-chose au hasard. Il lui offre un angle de tir qu’elle imagine sans obstacle. Vu la période, n’est-il pas plus difficile que jamais pour les cheminots de se rassembler et de se mobiliser ? Aucun rassemblement physique de soutien n’a certes pu être organisé pour les cinq militants de Paris-Est. Mais deux mois de confinement ont appris à trouver des biais, des rencontres « virtuelles » parfois plus nombreuses que les réunions physiques. La direction pourrait donc être méfiante !

Cette vague de répression s’abat au moment où la SNCF annonce avoir perdu deux milliards d’euros avec le coronavirus, avec de probables nouvelles suppressions de postes à la clé. La direction de la SNCF s’en prend à des délégués syndicaux très engagés dans les luttes et les grèves des dernières années, notamment celle de la réforme des retraites. S’il s’agissait pour la hiérarchie caporaliste de la SNCF de tenter de prévenir des réactions légitimes, de tenter de tuer dans l’œuf toute contestation en faisant quelques « exemples », elle ne s’y prendrait pas autrement. Mais gare aux effets boomerang.

La répression concerne un autre secteur des transports en cette période de déconfinement. À la RATP, deux militants syndicaux (aux dépôts de Vitry et Flandres) sont menacés de licenciement, tandis qu’aux ateliers de maintenance de Saint-Ouen, planent des menaces de sanction. Partout, il s’agit de mettre la pression sur les travailleurs pour qu’ils reprennent sans broncher, malgré les dangers sanitaires, malgré les menaces de pertes de salaire et de licenciements…

Mais pour les directions de la SNCF comme de la RATP, le jeu est dangereux et pourrait se retourner contre elles, tôt ou tard. Malgré la dispersion et les difficultés pour se coordonner, un certain nombre de cheminots se sont ainsi mis en grève lundi 18 mai pour soutenir leurs collègues réprimés. Preuve que les cheminots ne sont pas prêts à se laisser faire, et que l’esprit de combativité qui a animé la grève des derniers mois, et les réactions de retrait face à des conditions sanitaires dangereuses, n’est toujours pas mort !

Correspondant

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