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Archives > Éditos L’Étincelle > 2007 > janvier > 15

Retraites : ne nous laissons pas faire

C’est reparti : on veut nous refaire le coup de la nécessaire réforme des retraites, nous persuader qu’il va encore falloir faire des sacrifices. Comme en 2002, juste avant les présidentielles, pour nous les imposer une fois les élections passées. Non, merci, on a déjà assez donné !

L’indéracinable Conseil d’orientation des retraites (COR) vient en effet de remettre son rapport au gouvernement le 11 janvier dernier. Il estime que « de nouvelles ressources seront nécessaires pour assurer l’avenir financier du système des retraites » et que pour cela, il faudra cotiser plus et réduire le montant des retraites. Cela vous rappelle quelque chose ?

Travailler plus longtemps ?

Le COR insiste sur le fait qu’il faut nous faire travailler plus longtemps, et déplore qu’en 2005, les 55-64 ans étaient seulement 37,8% à avoir un emploi.

Mais la faute à qui ? Est-ce le salarié qui décide de rester ou non à son poste de travail ? Qui donc jette à la rue des milliers de salariés âgés de plus de 50 ans, jugés moins rentables et plus chers que des jeunes ? A l’instar de Sarkozy, on voudrait nous faire croire que c’est nous qui déciderions de travailler plus ou moins, selon notre seule volonté. On croit rêver.

Ces hypocrites, qui voudraient nous faire travailler plus longtemps, s’apprêtent à faciliter encore le licenciement des plus de 50 ans en supprimant la taxe Delalande qui pénalisait les entreprises ayant recours au licenciement des quinquagénaires ! Mais ils ne sont pas à une contradiction près.

Il manque de l’argent ?

Il manquerait de l’argent dans les caisses de retraite, nous dit-on. Mais la faute à qui ? Est-ce le salarié qui décide de ne pas augmenter son salaire ou bien les patrons ? La France est devenue un pays de bas salaires où la moitié des salariés à plein temps touchent moins de 1500 euros par mois. Sans parler de tous ceux qui, contraints au temps partiel, touchent moins que le salaire minimum. Cela représente bien sûr autant de cotisations en moins.

Quand on sait que la part des salaires dans le revenu national a baissé de 10 points en dix ans, on voit le « trou » que cela peut occasionner dans les caisses vieillesse.

Qui est responsable du chômage, empêchant par là-même les cotisations sociales de remplir les caisses ? Qui, enfin, exonère les entreprises de charges sociales sur les bas salaires, ponctionnant là encore dans ces mêmes caisses ?

Et pourtant, il y en a de l’argent.

Il manquerait 3,5 milliards d’euros en 2007 dans les caisses vieillesse, nous dit-on. Ce chiffre nous paraît énorme ? Et pourtant, il représente à peine le cinquième de la fortune personnelle du patron du groupe de luxe LVMH, Bernard Arnault (17,2 milliards d’euros selon le magazine Challenge).

Sans parler des bénéfices des grandes sociétés qui explosent (80 milliards d’euros de profits engrangés en un an)

Haro sur les systèmes spéciaux de retraite ?

Au nom de l’égalité, bien sûr, le COR aborde la question des régimes spéciaux (agents d’EDF-GDF, RATP, SNCF, Banque de France, mineurs et clercs de notaire), qui ont pour l’instant conservé une durée de cotisation réduite. En oubliant de rappeler bien sûr au passage que ce sont les grèves de 1995 qui ont permis de sauvegarder ces régimes dits « spéciaux », lesquels étaient la règle commune avant l’attaque de 2003 sur les retraites des fonctionnaires, après avoir mis en pièces celles du privé.

Ne nous laissons pas intoxiquer

Toute cette campagne a un seul but : nous faire accepter les prochaines attaques programmées par la droite, et que la gauche se garde bien de mettre en cause. Il s’agit moins de nous faire travailler plus longtemps, que d’amputer encore des montants de retraite déjà bien insuffisants.

Les solutions existent

Pour remplir les caisses, il nous faudra imposer une hausse substantielle des salaires, l’arrêt des licenciements, et si tout cela ne suffit pas, prendre sur les bénéfices des grandes entreprises pour garantir nos retraites.

Un juste retour des choses !

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