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Deuxième rentrée scolaire sous Covid

Ras-le-bol de ces guignols qui ferment les écoles !

À une semaine de la date fatidique, le flou régnait encore sur les conditions de la rentrée scolaire. Depuis, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, multiplie les annonces contradictoires, quand aucun moyen supplémentaire n’a été affecté à l’éducation alors que les suppressions de postes continuent dans tous les services publics.

Un protocole sanitaire sans moyens

Le ministre se félicite que les écoles ouvrent cette semaine – encore heureux ! Mais c’est bien le gouvernement qui choisit, comme ses prédécesseurs, de fermer des classes en primaire et de supprimer encore 1 800 postes cette année dans le secondaire. Un véritable plan social dans les métiers de l’éducation, une catastrophe pour l’accueil des enfants des classes populaires – ceux des privilégiés s’en sortiront toujours avec des cours privés.

Sur le plan sanitaire, les mesures avancées ne s’accompagnent pas des moyens nécessaires. Le même gouvernement qui subventionne le patronat « quoi qu’il en coûte » a des oursins dans les poches quand il s’agit d’acheter des capteurs de CO2 ou des purificateurs d’air. Il ne peut promettre que des autotests bon marché alors que ceux qui restent de l’an dernier s’entassent dans les placards faute de personnel qualifié pour les utiliser.

Sans embauches pour dédoubler les groupes et assurer l’enseignement en présentiel avec des gestes barrières renforcés, les classes fermeront les unes après les autres dans le primaire, à chaque cas déclaré. Les parents en paieront le prix : aucune absence pour garde d’enfants n’est imposée à l’employeur, les salariés en seront pour leurs congés !

La méthode Blanquer : contrefeux, manipulations et autosatisfaction

À l’heure où les indices scientifiques s’accumulent sur la vulnérabilité des enfants au variant Delta, la rentrée s’annonce donc à nouveau catastrophique et le ministre multiplie les contrefeux. Certains lui sont servis sur un plateau par ses prétendus opposants de l’extrême droite : il réfléchit par exemple à conditionner l’allocation de rentrée à l’achat de fournitures scolaires. Ça ne coûte rien de reprendre ce genre de fantasme anti-ouvrier, même à propos d’une aide sociale particulièrement insuffisante et tout à fait négligeable en comparaison des centaines de milliards accordés au patronat.

Tentative aussi de faire porter les débats sur la vaccination avec la mesure provocatrice qui consiste à « évincer » les élèves non vaccinés d’une classe confrontée à un cas positif. Blanquer est parfaitement hors-sujet, car les profs sont presque tous vaccinés et les adolescents de plus de 12 ans en bonne voie de l’être, tandis que la vaccination des enfants de moins de 12 ans n’est pas encore recommandée par les autorités scientifiques. La vaccination en milieu scolaire, si elle était décidée, souffrirait surtout du manque de postes d’infirmières et de médecins dans les écoles. Elle ne porterait pas ses fruits avant quelques mois – alors que la rentrée de 12 millions d’élèves est cette semaine.

Avant, pendant et après la pandémie, se battre pour une éducation pour tous

Le gouvernement a poursuivi la destruction méthodique de l’école publique pendant la crise sanitaire. La réforme du lycée, le nouveau bac et ParcourSup ont renforcé le tri social et dégradé les conditions d’éducation des moins favorisés. Chaque famille ouvrière en mesure peu à peu les effets, qui s’ajoutent aux conséquences catastrophiques de cette pandémie, en particulier pour les plus pauvres.

Le premier confinement de mars 2020 avait interrompu le mouvement des profs et des lycéens contre la casse des retraites et de l’enseignement secondaire. L’an dernier, de nombreux enseignants s’étaient mis en grève et en « droit de retrait » pour obtenir des moyens pour dédoubler les classes face à la deuxième vague. Pour les services publics comme pour nos droits de travailleurs, nous ne pouvons compter que sur nos luttes !

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