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Raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) : la grève entre dans sa deuxième semaine

13 janvier 2021 Article Entreprises

Ce lundi 11 janvier s’est tenue la deuxième assemblée générale de reconduction de la grève à la raffinerie de Grandpuits, depuis le début du mouvement. L’entreprise de Total (une multinationale qui ne manque pas de fric et de scandales dans le monde pour l’accumuler) prévoit la suppression d’environ 700 postes, salariés de Total et sous-traitants, entreprises extérieures et emplois induits. Depuis le 4 janvier, environ 95 % des salariés postés sont en grève, et la raffinerie est quasiment à l’arrêt en dehors d’opérations de sécurité.

La froideur du temps comme du décor fait de gigantesques tuyauteries ou orgues barbares, était largement compensée par la chaleur humaine de cette assemblée qui réunissait 250 personnes, autant de raffineurs grévistes que de soutiens extérieurs. Et parmi les grévistes, on pouvait compter les postés mais également le personnel de jour qui avait débrayé lui aussi en matinée et s’était joint au piquet de grève. Parmi les soutiens, des salariés de TUI (le no 1 mondial du voyage qui annonce aussi des milliers de licenciements) qui ont présenté leur appel à manifester pour l’emploi le 23 janvier, des salariés des technocentres Renault de Guyancourt et Lardy où des centaines de postes sont menacés de « reconversion écologique » sous les mêmes prétextes qu’à Grandpuits, des cheminots, des postiers, des étudiants. Pour beaucoup, certes, du milieu d’extrême gauche ou gauche de la gauche.

« On s’en fout des réunions, nous on veut notre emploi ! »

Une centaine au moins de grévistes a participé à l’assemblée pour faire le point sur la grève et en voter à l’unanimité la reconduction. La détermination a été boostée par l’annonce qu’à la raffinerie de Feyzin dans le Rhône, un débrayage prévu de longue date avait mobilisé plus de 90 % de grévistes qui ont exprimé leur soutien aux raffineurs de Grandpuits.

Depuis le début de la grève, des délégués de ligne ont été élus, qui remontent les propositions des grévistes aux syndicats impliqués, en premier lieu la CGT. Cela se veut un début vers une structuration pouvant diriger la grève au nom et sous le contrôle des grévistes. Bien présente est la conviction de la nécessité de la « grève aux grévistes », particulièrement popularisée pendant les grèves du transport de l’hiver dernier. La direction de Total, quant à elle, joue la sourde oreille, refusant jusqu’aux réunions de discussion avec les syndicalistes grévistes. Mais comme le disait un travailleur, « on s’en fout des réunions, nous on veut notre emploi ! ». Et pour le moment, la détermination pour atteindre ce but ne semble pas faiblir, bien au contraire.

D’autres actions en perspective

Pour ce mercredi 13 janvier, les grévistes ont organisé une opération « escargot », de l’entreprise vers la préfecture de Melun, pour rendre leur grève plus visible. Eux aussi appellent à manifester le 23 janvier aux côtés des salariés de TUI et de toutes les autres entreprises menacées de PSE, de « réorganisations » ou autres montages patronaux destinés à supprimer des emplois. Aux patrons hypocrites qui promettent « zéro licenciement » (rien que des départs en préretraite ou dits volontaires !), les salariés disent « zéro suppression de poste ». Le scandale de milliers de travailleurs laissés sur le carreau est énorme, de la part de ces grosses multinationales qui versent encore des dividendes à leurs actionnaires et se voient octroyer des milliards par leurs États respectifs – français pour Renault ou Total, allemand pour TUI. On peut espérer que les efforts déjà entrepris pour renforcer les liens entre équipes militantes, et la grève encourageante à Grandpuits, pourront entraîner les dizaines de milliers de travailleurs confrontés à la casse de leur emploi.

Dima Rüger

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