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Accueil > Éditos de bulletins > 2012 > juillet > 16

Quelle riposte à leur déclaration de guerre sociale ?

Le 14 juillet, c’est sur un ton martial que le président de la République, François Hollande, a évoqué le plan de suppression d’emplois chez PSA. Mais avant même les défilés militaires, c’est sur le front social que les événements se précipitent.

Le couperet est tombé chez PSA : 8 000 suppressions de postes en France (14 000 dans le monde), dont 1 500 à l’usine de Rennes et la fermeture du site d’Aulnay-sous-Bois (3 500 salariés). A quoi il faut ajouter les 2 000 suppressions annoncées en novembre dernier, le licenciement des intérimaires, des CDD et les conséquences inévitables en milliers d’emplois sur les équipementiers et les sous-traitants.

Hollande et Montebourg : braves petits soldats... au service des patrons

Face à ce « choc social », Arnaud Montebourg, le chevalier blanc du redressement productif, déclare que « le gouvernement n’accepte pas le plan en l’état  », et le président de la République réclame une « renégociation » du plan. Autant de grands discours pour mieux nous expliquer qu’il faut un nouveau plan de soutien à l’industrie automobile. Les 5 milliards d’aide publique empochés par PSA depuis 2009 ne l’ont pourtant pas empêché de massacrer les emplois. Subventionner encore les licencieurs, voilà ce que le gouvernement propose.

Grande opération d’enfumage

La filière automobile serait en crise, nous dit-on. Mais de quelle « crise » parle-t-on ? Certes, les ventes ont baissé sur les marchés européens. Mais cette baisse relative arrive après des ventes record, notamment pour Citroën, en 2010 et 2011.

En fait de crise, le groupe PSA, assis sur 10 milliards d’euros de fonds propres, ne cherche qu’à augmenter sa productivité, pour faire travailler plus des salariés moins nombreux et se montrer plus agressif sur le marché mondial. Quant aux 200 millions d’euros de perte par mois, brandis par Varin, il ne s’agit que de manque à gagner par rapport aux profits prévus. Autrement dit : PSA ne perd pas d’argent, elle n’en produit juste pas assez aux yeux de ses actionnaires et par rapport à ses concurrents. La famille Peugeot, dont la fortune a augmenté de 2 millions d’euros par jour depuis deux ans, applaudit. Leur objectif : des profits à tout prix, au mépris des salariés et de leurs familles.

Le gouvernement voudrait que tous s’assoient à la table des négociations. Mais pour négocier quoi ? Le maintien de la production à Aulnay ? Il n’en est pas question pour PSA. La garantie des emplois afin, comme le promet Varin, que « personne ne soit laissé au bord du chemin » ? Qui peut encore y croire après ses mensonges répétés ? Les usines de Trémery et de Borny, censées accueillir des salariés de Rennes et d’Aulnay-sous-Bois, connaissent aussi des réductions de postes par dizaines, de même à Poissy où le transfert de 750 emplois d’Aulnay paraît bien douteux. Le plan de reclassement prévu par la direction de PSA n’empêchera pas les licenciements d’arriver en 2014, voire plus tôt. Le gouvernement Hollande cherche surtout à faire gagner du temps à PSA, et en faire perdre autant à la mobilisation.

L’explosion sociale, ils la cherchent… ils l’auront !

Dès l’annonce du plan, les salariés de l’usine d’Aulnay ont débrayé et la production a bien baissé en fin de semaine. A Rennes, ils étaient plus de 1 000 assemblés devant l’usine (une première !).

Nombreux étaient ceux qui voulaient « ôter l’envie à PSA de fermer une usine.  » Ils ont mille fois raison. Car du point de vue de la sauvegarde des travailleurs, c’est bien l’interdiction des licenciements qui est à l’ordre du jour. Les salariés de PSA ne sont d’ailleurs pas isolés. Depuis des semaines les suppressions d’emplois se succèdent par milliers chez Air France, dans le BTP, chez Sanofi-Aventis, Carrefour pour ne citer que les plus grosses entreprises. PSA pourrait devenir l’emblème d’un puissant mouvement de fond. Une lutte qui pourrait devenir fédératrice, alors que les salariés de PSA en appellent à d’autres salariés victimes de plans de licenciement, de réductions d’effectifs, pour construire ensemble la nécessaire riposte du monde du travail.

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