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Accueil > Éditos de bulletins > 2012 > juillet > 9

L’enfumage du « dialogue social »

Roulement de tambour, ces lundi 9 et mardi 10 juillet : la « Grande conférence sociale » donne deux jours de spectacle. 200 chevaliers du « dialogue social », représentants des syndicats, du patronat et du gouvernement, vont se réunir autour de sept tables rondes pour discuter entre autres emploi, salaires, conditions de travail. Mais malgré les efforts de Hollande pour présenter cette conférence comme l’avènement de la « démocratie sociale », tout cela sonne creux.

Le gouvernement l’a annoncé : aucune mesure concrète ne sera prise. Il s’agit uniquement de se mettre d’accord sur « le calendrier et la méthode » de ce fameux dialogue pour les cinq ans à venir. Bref de discuter de la façon de discuter.

Drôle de donnant-donnant

Le ministre du travail et du « dialogue social » donc, Michel Sapin, a promis pour la fin de l’année un projet de loi visant à sanctionner les entreprises qui licencient avec pour « seul objectif de faire plus d’argent ». Comme si les boîtes qui licencient le plus n’étaient pas celles qui font le plus de profits ! Mais surtout, le ministre a prévenu : ce sera « donnant-donnant ». Pas rassurant, puisqu’au même moment le patronat réclame à corps et à cris la « flexibilisation » du marché du travail, qui permettrait notamment aux patrons de baisser les salaires en échange du maintien des emplois. Un joli marché de dupes : on ne compte plus les entreprises où les travailleurs ont accepté baisses successives de salaires et d’effectifs contre la garantie du maintien de l’activité... avant de se retrouver à leur tour mis à la porte. Pour nous les sacrifices et les promesses non tenues, pour eux les profits, voilà le sens du « donnant-donnant ».

Toute cette mise en scène n’a qu’un but : faire croire aux classes populaires que le gouvernement se soucie de leur sort, pour pouvoir mener tranquillement la politique voulue par le patronat. En s’assurant au passage de la passivité de directions syndicales, surtout soucieuses de discuter avec le patronat et le gouvernement, et beaucoup moins de donner aux travailleurs la perspective de se défendre eux-mêmes par une lutte d’ensemble.

Du « sommet social » de Sarkozy à la « conférence sociale » de Hollande, seuls les mots changent. Le dialogue social version PS est le même que sous la droite. Avec un verre d’eau pour faire passer le goût.

Un dialogue pour cinq ans, mais les licenciements, c’est maintenant !

Pendant que ce beau monde discute, le patronat, drôle de « partenaire », poursuit son offensive et sort l’artillerie lourde. 84 entreprises font aujourd’hui l’objet de plans de licenciements, souvent déguisés en plans de départs prétendus volontaires ou en départs en retraite anticipée. Bilan, 60 000 emplois détruits. Encore ce chiffre est-il sous-estimé puisque n’y figurent ni les ruptures conventionnelles qui ne sont qu’une autre façon de supprimer des postes, ni les innombrables plans de moins de 20 licenciements. Le ministre du « redressement productif », Arnaud Montebourg, peut bien prétendre partir en guerre contre les licenciements, il n’empêche qu’il ne propose qu’un « plan d’aides pour l’avenir de la filière automobile », c’est-à-dire encore plus de subventions publiques versées aux PSA et consorts, les groupes multimilliardaires et plus grands licencieurs du moment.


Tous cherchent à nous endormir avec leur prétendu « dialogue social », un leurre pour essayer de nous convaincre de recevoir les coups sans broncher. Mais ce n’est pas en « laissant le temps » au Parti Socialiste que nos problèmes d’emploi et de salaire seront réglés. Car les patrons, eux, ne perdent pas de temps pour mener leurs attaques. Ce qui importe, c’est de préparer notre riposte, sur le terrain de la lutte sociale. Un terrain infiniment plus favorable aux travailleurs que celui de la discussion avec leurs exploiteurs et ceux qui les protègent au gouvernement.

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