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Pour la beauté du sport, mais pas seulement…

28 juillet 2021 Article Monde

Cette semaine ont débuté les 32e Jeux olympiques de l’ère moderne au Japon. C’est la plus grande épreuve sportive au monde, où concourent plus de 11 000 athlètes dans 50 disciplines. Si la « fête du sport » permet à certains sportifs d’obtenir la reconnaissance méritée de leurs années de travail, cet évènement est également devenu, au cours des différentes olympiades, un business. Et cette édition, qui n’échappe pas à la règle, pourrait d’ailleurs bien devenir la plus triste de toute leur histoire.

En effet, cette année le Japon accueille les JO dans une atmosphère pour le moins particulière en raison de la pandémie mondiale de Covid-19. Décalés d’une année, ces Jeux ont eu bien du mal à se maintenir.

Les Japonais n’en voulaient pas

Pendant que la pandémie continue de sévir dans le monde et s’accélère très nettement au Japon – avec le nombre des contaminations doublant en une semaine et la ville de Tokyo placée sous état d’urgence du 12 juillet au 22 août – la population locale s’inquiète de ce contexte sanitaire tendu. C’est même la peur de voir un variant olympique apparaître qui fait beaucoup discuter dans le pays.

En effet, voir arriver chez eux des milliers d’athlètes étrangers, accompagnés des officiels de leurs fédérations, ne rassure pas les habitants sur la capacité du pays à garantir des Jeux en évitant un cluster. Un quotidien japonais avait d’ailleurs publié un sondage en mars dernier montrant que plus de 80 % des personnes interrogées étaient favorables au report ou à l’annulation des Jeux. Quelques démonstrations d’opposition ont même eu lieu ces derniers mois, notamment des huées lors du passage de la flamme olympique dans le pays ou des manifestations devant le siège du Comité international olympique (CIO).

Des habitants se disent également révoltés que des soignants soient mobilisés pour garantir la sécurité sur les épreuves plutôt que de s’occuper de la population locale dans les hôpitaux. En effet, au Japon, la majorité des hôpitaux sont privés et ceux-ci refusent de gérer les cas de Covid. Les hôpitaux publics doivent donc s’en charger et se retrouvent alors vite saturés.

Alors pourquoi maintenir à tout prix ces JO ?

Le gouvernement japonais, pour une bonne part au nom de la fierté nationale, avait tenu à organiser cette édition des JO. Il avait fait acte de candidature afin notamment de montrer que le pays s’était reconstruit après l’accident de Fukushima. Mais le gouvernement et la ville de Tokyo se sont, dans une certaine mesure, retrouvés prisonniers des autres États et du CIO. En juin dernier, le sommet du G7 soutient, voire pousse, à la tenue des JO à Tokyo « comme un symbole d’unité mondiale ». Mais c’est essentiellement le CIO qui a joué un rôle déterminant dans la tenue de ces JO.

Le CIO est une organisation puissante à l’échelle mondiale, qui joue quasiment le rôle d’un État et qui brasse des milliards. Des clauses restrictives ont été signées entre la ville de Tokyo et le CIO, et notamment cas d’annulation des Jeux. Et, au final, le CIO a estimé que ces JO de 2021 pouvaient être maintenus dans une atmosphère « sûre et sécurisée », clôturant ainsi le débat. Pour rappel, 75 % des revenus de l’organisation proviennent des droits de retransmission télévisuelle des JO d’été, ce qui, on l’imagine, a pesé énormément dans la balance.

Conséquence : l’attitude méprisante de la part du CIO et le maintien de ces Jeux à tout prix ont conduit à ce que les épreuves ont lieu dans des stades vides, sans public, les épreuves se déroulant par mesure de précaution à huis clos.

Et la communion des athlètes avec leurs supporters, qui pouvait masquer en partie le côté cupide, mercantile et financier des JO, n’a même plus sa place dans cette édition de Tokyo.

Alia Philippe

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