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#Pas touche à nos congés !

7 avril 2020 Article Entreprises

Ces derniers jours, la colère de cheminots a éclaté à l’annonce par la direction, le 1er avril, qu’elle imposerait cinq jours de repos compensateurs (équivalents de RTT) dans la période de confinement, voire irait les chercher sur les comptes épargne-temps – en application des ordonnances du gouvernement, prétendues « d’urgence sanitaire », permettant aux patrons de porter à 60 heures la durée hebdomadaire de travail, de faire travailler sept jours sur sept, d’imposer ou au contraire de différer des dates de congés payés, de dicter ou de modifier des dates de RTT.

Un vol de congés

Les cheminots qui se sont rebiffés, ont protesté par des pétitions, des protestations, des prises de position syndicale (de la CGT et de Sud-Rail, ici ou là, pas toujours des plus vaillantes), ont tenu à faire savoir – même dans les conditions difficiles de militantisme « virtuel » – qu’ils n’étaient pas en train de se reposer ! Qu’ils soient en service (à plein temps ou temps réduit, et exposés au virus par manque de protection élémentaire de la part de la direction), qu’ils soient en télétravail et/ou en garde d’enfants dans des conditions épineuses, en maladie ou isolement sanitaire pénible, pas une sinécure qui justifierait de faire cadeau à la direction de jours de congé.

Et urgence sanitaire, vraiment ? Ici par le chômage partiel, là par la poursuite de l’activité – y compris au mépris des exigences sanitaires dans des secteurs non vitaux –, là enfin en imposant des congés anticipés leur permettant de mieux rebondir plus tard – aucune de ces mesures n’excluant l’autre –, ce sont d’abord leurs intérêts économiques que les patrons mettent en avant. Le monde ouvrier n’a pourtant pas à payer de sa poche ou de son temps une crise sanitaire dont sont en grande partie responsables les gouvernements successifs et leur politique de dégradation des services publics (hôpitaux, écoles, transports). Des cheminots se sont d’ailleurs rappelé le « don » d’un jour de travail (le lundi de Pentecôte ou un autre) consenti sous prétexte d’aider les « vieux » en situation de dépendance… les mêmes qui meurent aujourd’hui dans les Ehpad. Où est allé l’argent ?

« Tous ensemble », dans des situations diverses !

La lutte n’est pas facile. À l’opacité traditionnelle des articles de loi, s’ajoute la complexité des nouvelles dispositions d’urgence : pour les congés payés, c’est sous réserve d’un accord collectif d’entreprise ou de branche issu d’une négociation avec les syndicats, qu’un employeur peut agir (une nouvelle machine à palabres est lancée) ; pour les RTT, c’est unilatéralement du côté patronal, à concurrence de dix jours imposés, avec délai de prévenance ramené à 24 heures. D’où un chaos de situations diverses, non seulement entre entreprises (qui s’engouffrent dans la brèche, de PSA à la SNCF, en passant par Orange, Véolia, Generali, Moët-Hennessy et autres), mais entre salariés d’une même entreprise, où le confinement à la carte patronale fait que les uns sont au travail (épisodiquement ou pas) tandis que les autres sont confinés pour des périodes et motifs divers. Et dans des entreprises du privé où le patron impose le chômage partiel, payé à 84 % du salaire net, donc une perte sérieuse, des travailleurs peuvent souhaiter prendre des jours de RTT voire des congés, mieux rémunérés.

Tous ensemble, contre des vents contraires !

La situation n’est pas simple non plus dans les conditions dramatiques de maladie et de mort, dans ce climat lourd de confinement : serait-ce bien le moment – se disent certains – d’aller chipoter pour quelques jours de congés ? Face aux sacrifices consentis par les soignants, n’est-il pas indécent de protester ? C’est toute la malice – au sens d’esprit malin et mauvais – d’un patronat et d’un gouvernement qui spéculent sur la solidarité du milieu ouvrier. Eux n’ont pas ces scrupules : le gouvernement vient de garantir 345 milliards à ses amis du patronat, contre la minable aumône de 4 milliards à l’hôpital public (à voir encore qui en bénéficiera). Leur calcul est même, très probablement, de profiter du climat difficile pour entamer l’offensive anti-ouvrière par le biais en apparence anodin des congés. Avant de passer au reste.

Mais les travailleurs confinés ne sont pas résignés !

Michelle Verdier

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