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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > décembre > 11

Nous sommes toutes et tous des Gilets jaunes…et ce n’est qu’un début !

Alors, cela donne quoi, les preuves d’amour de Macron ? Pour commencer, un long préambule menaçant : il donnera des « instructions les plus rigoureuses, par tous les moyens… pour le retour au calme et l’ordre ». Donc répression, encore et toujours.

Ensuite, quelques trémolos, avant LA mesure censée nous calmer : 100 euros d’augmentation du smic, mais attention : « sans qu’il en coûte un seul euro de plus pour l’employeur ». Ah bon ? Et ce sera donc à nous de nous payer ? C’est donc une escroquerie ! L’astuce de Macron se résumerait à une augmentation de la prime d’activité versée par la CAF à une partie des smicards, dont le montant réel dépend de multiples critères familiaux. Ensuite, pas d’impôt sur les heures sups, ni de charges. Question d’encourager les patrons à multiplier les heures supplémentaires plutot que d’embaucher et d’augmenter les salaire. Mais ce que nous voulons tous, c’est l’augmentation de tous les salaires, de 300 euros, sans heures sups !

Enfin, une « prime de fin d’année » pour les petits salaires, bref une aumône… mais là encore, « pour les employeurs qui le peuvent » . Et pour finir, pas question de revenir sur la suppression de l’ISF. Voilà, les riches et le patronat seront rassurés.

Pour résumer : pas de quoi, et de loin, calmer la colère et la détermination sur les ronds-points et les barrages. Et sur le fond, le président des riches récidive : d’un côté des miettes et de l’enfumage, de l’autre la guerre déclarée à nos enfants avec lacrymogènes, gardes à vue, genoux à terre et mains derrière la tête.

Panique et manœuvres gouvernementales

Après des semaines de mépris affiché, le gouvernement cherche à tout prix un moyen d’éteindre l’incendie qu’il a provoqué. Il a convoqué en ce sens tout ce que le pays compte comme autorités instituées petites ou grandes. Du Medef aux directions syndicales, en passant par les élus locaux et les vedettes du show-biz. Des BHL aux Cyril Hanouna, ce nouveau parti de l’ordre est censé sommer les Gilets jaunes de rentrer chez eux. Sans parler de Marine Le Pen et autres Dupont-Aignan qui, ayant été marginalisés dans le mouvement, voudraient bien le dévoyer en ciblant mensongèrement les immigrés, tout en refusant soigneusement les revendications ouvrières.

Quant à Laurent Berger ou Philippe Martinez, et certains autres dirigeants confédéraux, ils se sont payé le déshonneur de se désolidariser des Gilets jaunes en jouant le jeu pipé de la concertation gouvernementale. Heureusement, ils sont contestés eux aussi par des militants syndicaux de la base, de plus en plus nombreux à rejoindre les Gilets jaunes.

On lâche rien

Mais pour les centaines de milliers de travailleurs, qui depuis des semaines, malgré la diversité de leur statut et de leur situation, portent tous le même gilet jaune sur leurs barrages, et lors de chaque samedi de manifestation sur les Champs-Élysées ou dans les grandes villes de province, pas question de lâcher prise alors que le pouvoir est aux abois.

Depuis la lutte contre la hausse de la taxe sur le carburant (supprimée la semaine dernière), la contestation s’est élargie à des centaines de revendications. Contrairement à la propagande gouvernementale, elles ne sont pas « hétéroclites ». Bien au contraire, elles expriment dans leur multiplicité la même colère face à la vie chère, l’injustice sociale et le gouvernement des riches. Vivre dignement et pas survivre, c’est que veulent les Gilets jaunes qui n’entendent pas rentrer chez eux en échange de poudre aux yeux.

Tous ensemble

C’est cette détermination des Gilets jaunes qui a encouragé d’autres franges de la population à entrer dans le conflit : la semaine dernière, étudiants et lycéens ont commencé à bloquer par milliers leurs établissements et à manifester dans les rues, à la fois en soutien aux Gilets jaunes mais aussi pour protester contre les réformes dans l’Éducation. À nous, dans les entreprises, de rejoindre le mouvement pour que 50 ans après mai 68, l’automne/hiver 2018 marque une première grande victoire de notre camp social.

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