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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > septembre > 21

« Nous battre »… contre les patrons et le gouvernement !

Alors que le gouvernement promettait 100 milliards d’euros supplémentaires au patronat avec un « plan de relance » censé redresser l’économie, les suppressions de postes se multiplient. La direction de Bridgestone a annoncé la fermeture de l’usine de Béthune, laissant près de 900 salariés sur le carreau. Un patron de plus qui condamne des centaines de familles à la galère et au chômage. Dans la droite ligne de la politique de Macron et Castex.

L’avalanche des suppressions de postes

Bridgestone s’ajoute à la longue liste des grands groupes qui suppriment des postes par milliers : Renault, Airbus, Air France, General Electric, Cargill, Alinea, Auchan, Nokia… et des centaines d’autres entreprises sous-traitantes.

À chaque fois, le même scénario. Ce sont d’abord les intérimaires, les prestataires et tous les autres salariés précaires qui sont mis à la porte. Arrive ensuite la deuxième vague, celle des licenciements, facilités par divers artifices juridiques grâce auxquels les patrons évitent souvent le déclenchement d’un (mal nommé) « Plan de sauvegarde de l’emploi ». Car ces PSE nécessitent quelques magouilles pour « justifier » les licenciements par les prétendues difficultés économiques de l’entreprise.

La crise sanitaire est le prétexte invoqué par ces grands groupes pour mener des restructurations massives. Certes le confinement a impacté l’activité. Mais les plans d’économie de Renault, d’Auchan ou de Nokia (le quatrième en cinq ans !) étaient prévus bien avant. Si l’année 2020 sera moins faste en profits, ces groupes ont versé des milliards de dividendes aux actionnaires ces dernières années. On est loin des difficultés des petits patrons (qui subissent d’ailleurs la pression des grandes entreprises).

Une thérapie de choc soutenue par le gouvernement

« Brutalité », « trahison »…, la fermeture de l’usine Bridgestone de Béthune a été critiquée par les politiciens de tous bords. Même Macron et Le Maire parlent de « se battre » contre les suppressions d’emplois. Mais cette restructuration généralisée menée par le patronat est orchestrée par le gouvernement. Toute sa politique vise à faciliter les manœuvres patronales. Comme ce décret de mai 2020 qui permet à des patrons de déclarer leur entreprise en faillite, puis de la racheter… sans les salariés. C’est ce que vient de faire le groupe d’ameublement Alinea, dont les « pauvres » actionnaires (la famille Mulliez, sixième fortune de France), mettent ainsi à la porte 1000 personnes. Chez Derichebourg Aeronautics, c’est un Accord de performance collective (créé par les « ordonnances Macron » en 2017) amputant les salaires jusqu’à 400 € qui a été imposé par la direction. Grâce à ce dispositif, les employés qui refusaient ce chantage à l’emploi ont été automatiquement licenciés.

La bourse ou la vie. Accepter les reculs ou finir au chômage.

Dialogue social, négociation locale… ou riposte générale !

Face à cette offensive générale du patronat, les syndicats jouent le jeu du dialogue social site par site : à Bridgestone, ils ont signé avec la direction un « accord de méthode » sous l’égide du gouvernement pour discuter pendant cinq mois (!)… de la meilleure manière de fermer l’usine !

Les travailleurs n’ont rien à attendre de ces négociations étalées dans le temps et cloisonnées dans chaque entreprise. Elles ne peuvent que déboucher sur des reculs. Ce sont les salariés qui feront les frais des plans de compétitivité prétendument « négociés », mais voulus par les patrons.

Ce ne sont pas des subventions supplémentaires, ni des projets industriels alternatifs qui permettront le maintien des emplois et des salaires. C’est une riposte commune des travailleurs qui stoppera l’offensive. Pour cela, il faut que les salariés de différentes entreprises se coordonnent et se mobilisent ensemble.

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