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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2021 > mai > 10

Levée des brevets sur les vaccins du Covid : trop peu, bien tard

Mercredi dernier, Joe Biden a surpris son monde en annonçant qu’il était favorable à la levée des brevets, une revendication portée par une centaine de pays, dont l’Inde et l’Afrique du Sud où l’épidémie fait des ravages. Cela devrait permettre à tous les laboratoires qui le peuvent de produire des vaccins « génériques » à un prix inférieur à ceux des trusts. Ce coup de pub diplomatique des États-Unis a forcé les grandes puissances à se (re)-positionner clairement sur le sujet.

Le bal des faux-culs

Car leur position à tous était déjà connue : du Canada à l’Union européenne et au Royaume-Uni, en passant par l’Australie, le Japon ou même le Brésil, tous étaient opposés à la levée des brevets. Macron peut bien fanfaronner qu’il avait toujours voulu que les vaccins soient « un bien public mondial », les députés européens LREM, comme ceux du RN ou de LR, ont tous voté contre la levée des brevets !

Biden, lui, passe pour le héros du jour : mais, la semaine dernière encore, il défendait ces brevets. Il continue d’appliquer la préférence nationale en matière de vaccins et de matériel médical, dans la droite ligne de Trump, quitte à garder en stock des millions de doses d’Astra Zeneca, pas autorisé aux États-Unis. Et rien ne dit que la levée des brevets sera un jour effective !

Big Pharma : même pas peur !

Tous les politiciens, même ceux qui font mine comme Macron d’être pour la levée des brevets, reprennent le discours des laboratoires pharmaceutiques : « La question des brevets est un faux débat […] ce qui rend difficile l’accès aux vaccins aujourd’hui, c’est le transfert de technologie et la capacité à produire. » Tant pis si des laboratoires en Afrique du Sud ou au Bangladesh annoncent disposer du matériel et des compétences pour relever ce défi.

On peut effectivement faire confiance à l’industrie pharmaceutique pour tout faire pour maximiser ses profits, quitte à ralentir la campagne de vaccination, alors même que les États ont assumé tous les risques en finançant le développement à coups de milliards d’euros. Rien de surprenant à ce que le PDG de Moderna, Stéphane Bancel, déclare que cette annonce ne lui avait « pas fait perdre une minute de sommeil ». Effectivement, la bourse s’est un peu agitée mercredi, avant de se rappeler que Moderna prévoit 18 milliards de profits pour 2021, Pfizer ayant révisé ses prévisions de 15 à 26 milliards.

Ils sont égoïstes, stupides et criminels

Tous se répandent plutôt sur la nécessité d’aider les usines existantes à augmenter la production. Dans les faits, entre les vaccins vendus à prix d’or (de 10 à 30 euros la dose pour les vaccins à ARNm), et un programme Covax d’accès au vaccin universel sous-doté (seulement 7,5 milliards d’euros), les pays impérialistes marginalisent les pays pauvres dans la campagne de vaccination avec seulement 0,2 % du total des doses injectées.

Les gouvernements ont regardé l’Inde, l’Afrique du Sud ou le Brésil s’enfoncer dans le chaos sans rien faire. Ils font mine de se réveiller aujourd’hui, alors que les centaines de variants pourraient bien nous revenir sous la forme d’une 4e ou 5e vague qui pourraient mettre à mal la campagne de vaccination actuelle.

Soyons solidaires, internationalistes et révolutionnaires !

L’urgence est de vacciner le plus rapidement possible toute l’humanité, et les brevets sont un obstacle inadmissible ; la moindre des choses serait de les retirer. Mais pour que le vaccin devienne réellement un « bien public de l’humanité », il faudrait aussi réquisitionner toutes les industries de la chaîne de production, des matières premières aux plateformes logistiques et centres de santé, pour les administrer aussi vite que possible, sans enrichir les actionnaires. Les déclarations n’y feront rien, seul un effort exceptionnel basé sur la participation consciente et active des travailleurs de ces secteurs le permettra.

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