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Éditorial du jeudi 9 avril 2020

Les patrons pensent sauvegarde des profits, à nous de penser révolution sociale

Près de sept millions de salariés sont en chômage partiel et ont perdu 16 % de leur rémunération. Les collègues en CDD ou en intérim ont souvent été purement et simplement virés. Pour ceux en télétravail, le flicage se multiplie souvent à mesure que les cadences s’accélèrent. Ce sont les hospitaliers qui ont eu les premiers à subir des attaques sur les plannings de travail, la suppression des repos compensateurs ou des congés annuels qu’ils avaient déjà du mal à poser. Ceux-là même qui sont envoyés au « front » sans armes et souvent dépourvus d’armures.

Tout le monde est concerné (ou presque)

« Ne sois pas à errer sur Twitter pendant tes horaires de travail. Dépasse ton quota horaire pour finir un truc. Connecte-toi alors que tu es en garde d’enfants pour une réunion inutile. Continue à travailler depuis chez toi alors que tu es en chômage partiel : bosse pour ton patron tout en gagnant moins pendant que celui-ci touche de l’argent public pour te rémunérer… partiellement. »

Des millions de salariés sont forcés de continuer à se rendre sur leur lieu de travail au péril de leur santé ou de celle de leurs proches :

  • PSA cherche à rouvrir entièrement ses usines : 400 000 salariés seraient directement ou indirectement concernés ;
  • sur les routes et dans les rues, les livreurs risquent leur vie pour délivrer des biens non essentiels ;
  • en Touraine, des McDonalds sont restés ouverts ! Parmi les salariés du commerce, l’épidémie fait des ravages et les patrons font bosser leurs salariés sans les protections nécessaires.

Pour nous, il est hors de question de remettre en marche des productions non vitales. C’est le projet des patrons conservant précieusement des stocks de masques alors que les Ehpad et les hostos en manquent. La Poste en aurait 24 millions, la SNCF du Grand Est 130 000 ! Ceux qui donneront leurs stocks auront droit à une déduction de TVA…

Ils nous piquent nos acquis, nos congés…

Mélenchon parle « d’unité d’action » dans La Croix. Mais unité avec qui ? Ce type d’argumentation est proche de celle des patrons demandant « des efforts » en raison de la solidarité nécessaire avec les hospitaliers mais surtout avec eux-mêmes. Les ordonnances de Macron permettent aux patrons de faire travailler 60 heures par semaine, sept jours sur sept, et d’imposer ou différer congés ou RTT : « urgence sanitaire ».

Chez Renault, pour toucher leurs salaires à 100 % malgré le chômage partiel, les salariés verront certains de leurs jours de congés supprimés. À la SNCF, la direction force les cheminots à poser cinq jours de repos compensateurs dans la période de confinement. Chez Orange, la boîte impose de prendre des congés pendant le confinement et interdit de les prendre après. Sans accord avec les syndicats, elle se réserve le droit de faire absolument tout ce qu’elle veut jusqu’au 31 décembre. Ce ne sont que des exemples.

Ces attaques s’inscrivent en pire dans la suite de celles des dernières années sur nos salaires, nos repos, nos conditions de travail et nos vies. Avant-goûts, elles préfigurent l’avenir qu’on nous prépare. Dans le secteur de la santé, alors que les cadres hospitaliers offrent gentiment des chocolats pour Pâques, il s’agit encore et toujours de développer la numérisation pour réduire les effectifs et de développer les cliniques privées.

Bruno Le Maire : « Je ne promets rien d’autre que du travail et des efforts à la sortie de la crise »

Le gouvernement voudrait tester nos réactions et voir jusqu’où aller. Malgré le confinement, on peut trouver de nombreux moyens de répondre et de le décevoir. Aux propos directs de Le Maire, s’ajoutent les bavardages sur le changement : Macron préparerait un « grand discours de la refondation » … On nous parle à gauche de « monde d’après », mais toujours dans le cadre de ce système capitaliste dont on voit clairement aujourd’hui la faillite humaine. Notre monde d’après, le nôtre, préparons-le dès maintenant : ce sera une pandémie révolutionnaire, franchissant toutes les frontières, pour préparer, enfin, le véritable futur proche de l’humanité.

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