Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Accueil > Éditos L’Étincelle > 2020 > avril > 7

Éditorial de l’Étincelle du 7 avril

Covid-19 : une catastrophe qui en appelle d’autres

« Il n’y a pas lieu de paniquer, car il y a suffisamment de nourriture dans le monde pour nourrir tout le monde » a déclaré dans une note Qu Dongyu, le directeur de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Mais il est évident que le moindre couac dans les rouages du commerce mondial pourrait aggraver la situation pour les plus pauvres – alors que 113 millions de personnes souffrent déjà de faim aigüe dans le monde.

Hongrie : avant le virus, le déluge

En Hongrie, la faim précède le coronavirus. Dans les petites localités roms du Borsod, dans le nord-est de la Hongrie, à la frontière avec la Slovaquie, on ne connaît personne ayant contracté le coronavirus. Les conséquences économiques et sociales de l’épidémie n’épargnent cependant pas les villages de cette région parmi les plus pauvres du pays et de tout le continent. Le chômage y explose alors que le prix des denrées alimentaires augmente en flèche. Dans le même temps, Victor Orban, le chef du gouvernement hongrois, s’arroge les pleins pouvoirs, sans limitation de durée, avec une « loi contre le coronavirus ». Des pouvoirs qui ne sont certainement pas faits pour prendre des mesures de sauvegarde des conditions d’existence des plus démunis.

Au Liban, « ne nous confinez pas, nourrissez-nous »

Le 29 mars au soir, des émeutes contre la faim ont eu lieu au Liban dans différents quartiers populaires, où la population des quartiers pauvres a bravé le couvre-feu et laissé éclater une colère qui grondait depuis longtemps déjà. Certains manifestants sont même allés jusqu’à affirmer qu’il était plus acceptable de mourir du coronavirus que de la faim. Le Liban n’a pas encore beaucoup de cas, le couvre-feu fait donc office de prévention plus qu’autre chose, mais cela met dans une situation encore plus précaire tout un pan de la population qui n’a pas accès à des aides sociales… Quant au gouvernement, il annonce un plan d’aide aux plus pauvres… pour dans deux semaines ! Reste à savoir de quoi se nourrira la population entre-temps. À Tripoli, les manifestants ont mis directement en cause les ténors politiques de la ville, dont les fortunes personnelles pourraient très certainement subvenir aux besoins des plus pauvres.

En Italie, après le virus, la faim

En Italie, depuis quelques jours, les autorités dénoncent des vols collectifs de nourriture dans des centres commerciaux et des marchés. Ces évènements sont concentrés dans le sud du pays où une forte partie de la population vivait de boulots irréguliers ou au noir avant le confinement, et où près de 3,7 millions de personnes ne peuvent accéder à aucune aide sociale ou presque. Le gouvernement a fait un choix clair en utilisant son argent pour payer des flics à garder les supermarchés, et ce n’est pas les quelque 400 millions d’euros en bons d’achat débloqués qui sortiront la population de la misère.

Au cœur même de cette grande Union européenne dont on nous vantait la solidarité et la coopération, on se rapproche des situations de misère que connaissent les camps de réfugiés aux portes de l’Europe.

Crise alimentaire ou crise du capitalisme ?

Alors même qu’il n’y a aucune pénurie alimentaire (les stocks abondent et vont à la poubelle dans les pays riches), les ruptures dans les chaînes d’approvisionnement et le simple but, purement financier, de faire monter les prix pourraient entraîner un gaspillage immense et la ruine de producteurs… Cette crise alimentaire en préparation est due fondamentalement à la spéculation capitaliste et est encouragée par l’égoïsme national. Le chef de la FAO conclut dans sa note que ce sont les « marchés » qui peuvent résoudre ce problème… alors qu’ils en sont à l’origine !

Il est urgent de sortir les besoins fondamentaux, dont l’alimentation, des lois du marché. La seule solution est d’exproprier les grands groupes de l’agro-industrie qui font la pluie et le beau temps, s’arrogeant le droit de décider du sort de millions de personnes. Le problème vient du capitalisme ? Eh bien, renversons-le !

Mots-clés :

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article