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Archives > Éditos L’Étincelle > 2018 > juin > 18

Les dingues du pognon

Alors que l’Aquarius et ses 630 migrants erraient en Méditerranée à la recherche d’un port, Emmanuel Macron préparait un coup de com’ à la Donald Trump, avec la même vulgarité et la même arrogance : une vidéo « en off » sur internet où il s’en prenait violemment aux minima sociaux qui selon lui coûtent « un pognon de dingue » et en pure perte puisque « les pauvres restent pauvres ». Conclusion implicite : puisque les pauvres restent pauvres, autant confier l’argent aux riches pour qu’ils s’enrichissent encore plus.

« En même temps  », pour ne pas faire trop « président des riches  », il chargeait le ministre de l’économie de trouver « choquant  » la rémunération du PDG de Carrefour, lequel, même sans sa prime de départ de 3,5 millions d’euros, se consolera avec ses 17 millions engrangées en 2017 et une retraite-chapeau de 500 000 euros annuels. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, quant à lui, conserve ses 7,4 millions d’euros en dépit du vote de Bercy.

Le salaire moyen des patrons du CAC 40 est passé de 3,6 millions d’euros en 2014 à 4,8 millions en 2017. Le gouvernement n’a pas l’air de trouver que les 140 milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux entreprises soient un « pognon de dingue », alors que leur impact sur l’emploi est quasi-nul.

Prendre aux pauvres pour assister les riches

Comme quoi Macron, qui se prend pour Jupiter, doit plutôt son inspiration à Mercure, le dieu des voleurs et des menteurs.

Ainsi, ce qui pour lui coûte trop cher, ce sont les aides sociales versées aux plus pauvres. C’est-à-dire, environ 26 milliards d’euros, soit 1 % du PIB, alors que la pauvreté concerne tout de même 14 % de la population. Selon le Canard Enchainé, le gouvernement veut supprimer 7 milliards d’euros d’aides, alors que le montant de non recours aux droits (RSA, CMU…), vu le parcours du combattant des démarches à faire, s’élève à environ 10 milliards d’euros selon l’Observatoire des inégalités. 10 milliards de cadeau à l’État consentis malgré eux par les pauvres, auxquels Macron veut soutirer 7 milliards de plus.

Le ministre du budget ose agiter l’épouvantail de la fraude aux aides sociales : une goutte d’eau par rapport à la fraude fiscale et sociale des entreprises. Entre 6 et 25 milliards d’euros seraient perdus chaque année uniquement à cause du non-paiement des cotisations par les entreprises selon la Cour des comptes. Mais Macron préfère « responsabiliser » les pauvres. Et ce qu’il entend par « responsabiliser », c’est contraindre ceux qui touchent le RSA… au bénévolat, comme vient de le préconiser le Conseil d’Etat. Bref, au travail gratuit !

Le pauvre est une cible facile... jusqu’à ce qu’il se rebiffe. « Et gare à la revanche », comme le chantaient les Communards en 1871, « quand tous les pauvres s’y mettront ! »

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