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Les MOET de la bibliothèque Sainte-Barbe à Paris en lutte contre la précarité !

26 janvier 2021 Article Entreprises

Depuis le 5 décembre, la totalité des moniteurs et monitrices étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe à Paris – appelés MOET – sont en grève tous les samedis et tiennent un piquet sur la place du Panthéon. Depuis le 25 janvier, la grève s’est intensifiée et dure toute la semaine. Elles et ils s’opposent à la direction de l’Université Paris 3 (Sorbonne Nouvelle), leur employeur, qui mène une attaque contre leurs conditions de travail : imposition d’un jour de carence, refus de payer les jours de fermeture exceptionnelle de la bibliothèque, annonce de nouveaux contrats…

Série d’attaques de la part de la présidence

Dès le second confinement, la présidence de l’Université Paris 3 ainsi que sa nouvelle DRH ont profité de la situation pour attaquer les MOET en jouant sur le flou de leur contrat en tant que contractuels. Pour des étudiants précaires, comme les MOET, dont certains se voient obligés de cumuler plusieurs petits boulots afin de pouvoir vivre dignement (des boulots perdus lors du second confinement), le refus de la présidence de payer les congés Covid ou d’indemniser les heures non réalisées pendant les trois jours de fermeture de la bibliothèque début novembre est synonyme de difficultés financières. La DRH qualifie le paiement de ces heures d’illégal puisque les MOET, selon leur contrat, doivent être rémunérés « à l’heure faite ». Elle considère aussi comme illégal le fait que les MOET aient été payés lors du premier confinement alors qu’ils n’avaient pas travaillé, témoignant de son mépris envers les étudiants précaires.

Alors que ces étudiants en bac+3 pensaient avoir obtenu des contrats moins précaires en travaillant dans le public que ceux qu’ils ont pu avoir dans le privé durant leurs premières années d’études, ils se sont d’abord mis en grève les samedis – jour où le personnel est majoritairement composé de MOET, entrainant d’office la fermeture de la bibliothèque – pour obtenir l’assurance d’être payés au cas où la situation sanitaire se dégraderait à nouveau. Selon une gréviste, « un nouveau confinement nous pend au nez alors que la présidence nous rétorque, pour justifier le fait qu’ils ne veulent pas nous payer, qu’il n’y en aura pas : on fait quoi nous maintenant si la bibliothèque ferme à nouveau ? » Si la présidence a reculé sur le jour de carence pour Covid, elle refuse toujours à ce jour de leur payer les heures non réalisées en novembre.

Des contrats de plus en plus précaires…

La présidence a aussi profité de la période pour annoncer aux MOET la création de nouveaux contrats pour l’année 2021, dans lesquels les étudiants seraient appelés « à la mission », soit des contrats de vacation qui ne disent pas leur nom. C’est toujours la même rengaine : précarisation des travailleuses et travailleurs, que ce soit dans le public ou le privé ! Il aura fallu un mois et demi de grève pour que la présidence sorte de son silence et recule face aux revendications des MOET qui ont obtenu le maintien de leur statut de contractuels ainsi que les avantages qui y sont liés.

La lutte continue !

Face à ces diverses attaques, les MOET ont pu compter sur de nombreux soutiens présents sur leurs piquets, de la part des usagers, des permanents contractuels et titulaires de la bibliothèque – se mettant parfois en grève les samedis avec eux pour les soutenir –, d’autres moniteurs étudiants de bibliothèques universitaires parisiennes connaissant les mêmes problèmes, mais aussi de la part de salariés d’autres bibliothèques parisiennes, comme la BPI ou la BNF, qui s’étaient également mobilisés récemment contre leurs mauvaises conditions de travail pendant le Covid (BNF) et contre les contrats de vacataires précaires (BPI). La mobilisation des MOET a déjà fait plier la direction de la bibliothèque et la présidence de Paris 3 sur les jours de carence et les nouveaux contrats : la lutte paie ! En intensifiant la grève la semaine du 25 janvier, les MOET sont déterminés à obtenir gain de cause sur leur dernière revendication.

Correspondants

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