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Accueil > Éditos de bulletins > 2001 > mars > 26

La réponse nécessaire à la question du pouvoir d’achat, des retraites et de l’emploi…

A Matignon, on compte les bleus laissés par les élections municipales. Le parti socialiste se console avec Paris et Lyon. Le parti communiste, lui, encaisse la perte sèche de 26 villes de plus de 10 000 habitants et constate que le camouflet vient d’un électorat populaire écoeuré par la politique du gouvernement. C’est dans les cités et villes ouvrières touchées de plein fouet par les licenciements et les fermetures d’entreprises que la sanction a été la plus sévère et s’est exprimée par l’abstention ou le vote pour l’extrême gauche, y compris quand elle se maintenait au second tour.

Et aux politiciens qui avancent que la gauche devrait peut-être donner un coup de pouce aux salaires ou aux minima sociaux pour ne pas perdre les présidentielles et législatives à venir, Jospin répond qu’il n’est pas question d’un « changement de cap » ni d’aucun « coup de barre à gauche ». Malgré la sanction électorale, les socialistes qui dirigent le gouvernement continueront à faire la politique des patrons, au risque de discréditer totalement… le parti communiste !

Le secrétaire du parti socialiste François Hollande, parle de « rouvrir le débat sur les fruits de la croissance » ! Primo des causeries ! Secundo des mensonges ! Car il n’existe pas de « fruits de la croissance », il n’existe que des profits patronaux tirés de l’exploitation voire de la surexploitation. Plus ils sont gros, plus le niveau de vie des familles ouvrières est bas. Et depuis près de 4 ans, la politique du gouvernement se résume à aider les patrons à réaliser ces superprofits désastreux pour la population. Le gouvernement ne s’est pas opposé aux vagues de licenciement. Il n’a pas fait reculer le chômage, ou seulement en augmentant le nombre des emplois précaires et mal payés. Il a encouragé les patrons à moduler à l’infini et pour leur seule rapacité les horaires de travail. Il a donné sa bénédiction au blocage des salaires et il le pratique dans la fonction publique.

Des statistiques de l’INSEE confirment que les patrons ont énormément profité depuis 4 ans, précisément parce que les travailleurs ont trinqué. Dans le pays, 7,3 % des ménages, soit 4,2 millions de personnes, vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire 3500 F ou moins par mois pour une personne seule ou 5250 F pour un couple. Parmi ceux-là, beaucoup sont des retraités, des travailleurs au chômage ou qui ont des boulots durs, des jeunes et des femmes qui n’ont que des temps partiels. Et ceux qui dépassent le seuil, mais pas de beaucoup, combien sont-ils ? Comment vivent-ils ? Ce que dit l’INSEE, c’est que leur nombre n’a pas diminué pendant que les profits ont explosé. Bien heureux que la gauche paie ce bilan par quelques scores au-dessous du seuil de pauvreté électorale !

Mais ensuite et maintenant ? Comment allons-nous nous défendre ? Robert Hue bafouille et bredouille qu’il va falloir apporter « des réponses à la question du pouvoir d’achat ». Certes. Mais lesquelles ? Prier Jospin qu’il donne un coup de pouce au SMIC, comme Hue le fait depuis 4 ans ? Ou ne rien attendre de la sainte-famille pro-patronale et nous y mettre nous-mêmes, travailleurs privés d’emploi ou non, retraités, jeunes, à préparer la riposte du monde du travail ? Les militants du PC qui ne veulent pas sombrer et sont du côté des travailleurs doivent s’y atteler avec nous ! Ils ont su contribuer à la gifle infligée à Juppé en 1995. Jospin mérite la même, et mieux, car la situation a empiré et il ne faudra rien lâcher.

La semaine qui vient est marquée par des mouvements de grèves dans les transports urbains et à la SNCF, en particulier pour les salaires, l’emploi et les retraites. Le samedi 31, des confédérations appellent à manifester à Paris pour les retraites. Il faut que ce soit des succès même si les directions syndicales appellent encore une fois en ordre dispersé. Il y a pourtant partout les mêmes problèmes de salaire, d’embauche et de retraite. Et pour que les actions s’inscrivent enfin dans un plan général de mobilisation, il faut nous préparer à bousculer, voire laisser de côté, des directions syndicales qui, elles aussi, sont cul et chemise avec Jospin.

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