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Accueil > Convergences révolutionnaires > Numéro 141, octobre-novembre 2021 > DOSSIER : Transdev, conducteurs de bus en grève en Île-de-France

La politique des syndicats… et celle des grévistes

25 octobre 2021 Convergences Entreprises

Des six organisations syndicales représentatives, quatre ont signé l’accord socle proposé par Transdev. Négocié tout à fait discrètement, et plutôt par les pontes syndicaux à l’échelle du groupe, cet accord socle rend tous les accords locaux caducs et installe un fossé entre anciens et futurs embauchés.

Mais Transdev ne néglige aucune possibilité de mouiller les syndicats dans le piège du prétendu « dialogue social », à tous les niveaux. L’accord socle est ainsi complété par des accords locaux par dépôt. Les délégués syndicaux locaux se sont donc embarqués dans des négociations (souvent une dizaine de séances sur trois mois) qui ont débouché sur la signature de ce recul social – y compris par des syndicats qui ne l’avaient pas fait au niveau central. Les délégués qui ont signé, même s’ils l’ont fait sous la menace de retomber aux conditions minimalistes de l’accord socle, ont cautionné l’offensive de Transdev – et n’ont pas choisi la voie, certes difficile et incertaine, mais la seule qui n’est pas une impasse, de la mobilisation de leurs collègues, d’abord et avant tout en publiant et expliquant largement les pièges contenus dans ces accords.

C’est la pression des conducteurs de Lieusaint et de Vaux-le-Pénil, après un mois d’août à rouler avec les nouveaux services, bien plus exigeants, et une paye bien moindre, qui a déclenché la grève. Immédiatement, des piquets ont été organisés et les discussions sont allées bon train avec les délégués. Ceux-ci ont été enfin obligés de rendre des comptes devant leurs collègues et de fournir une partie des explications techniques nécessaires à la compréhension de cette détérioration.

L’expérience du comité de grève

Si les délégués ont globalement réussi à conserver la confiance d’une majorité de grévistes, plus la grève s’installait, plus il devenait évident que les syndicats, qui acceptaient le piège de négociations par dépôt, allaient signer des protocoles de fin de conflit. S’est posé alors évidement la question du contrôle de ces protocoles. À Lieusaint, tandis que deux des trois syndicats représentatifs signaient un accord qui (une nouvelle fois) ne concernera que les embauchés actuels, une quinzaine de conducteurs ont mis sur un pied un comité de grève. Il s’agit, pour ses membres d’exercer un véritable contrôle sur les nouveaux plannings (qui restent à l’état de promesse), de s’adresser aux autres dépôts et de continuer la grève.

Cette expérimentation d’une organisation plus démocratique des grévistes est riche de promesses pour l’avenir de ce mouvement qui va s’inscrire dans le temps. La victoire dépendra de la capacité des conducteurs à s’organiser démocratiquement sur les piquets par des assemblées générales qui décident et des comités de grève qui proposent, à se coordonner à l’échelle du secteur des transports publics, à unifier et à simplifier leurs revendications.

Simon Vries

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