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La 5G est-elle dangereuse ? Le gouvernement fonce sans rien savoir

29 septembre 2020 Article Sciences

En avril, durant le confinement, des dizaines d’antennes relais (pas toutes 5G) ont été attaquées et incendiées à travers l’Europe. Derrière ces actions, des internautes qui propagent l’idée que d’une manière ou d’une autre, le déploiement de la 5G est responsable du coronavirus. Certains avançaient ces hypothèses sans l’ombre d’une preuve, d’autres se cachaient derrière de la pseudoscience comme l’anthroposophie pour raconter leurs âneries. Derrière ces théories farfelues et dangereuses, se trouve une méfiance profonde envers le discours scientifique officiel.

Mais comment ne pas douter de la parole des institutions de régulation, et surtout du gouvernement, quand le président et les ministres (qui n’y connaissent visiblement rien) mentent comme des arracheurs de dents à longueur de journée pour défendre les intérêts patronaux ? Ainsi, le gouvernement déclarait, au plus fort du premier pic épidémique de la Covid, que le port d’un masque autre que FFP2 était inutile, et même dangereux car contre-productif. Quel changement d’attitude, quand on sait que la récidive de non-port du masque peut maintenant valoir la prison !

Un autre exemple ahurissant est la justification de la mise sur le marché d’OGM dans de nombreux pays sans étude de la nocivité, car on ne ferait qu’apporter un peu d’ADN à un produit qui n’est pas dangereux, et l’ADN en lui-même n’est pas dangereux. Comme si n’importe quel lycéen ne savait pas que l’ADN est un code génétique, qui entraîne la production ou non par les organismes vivants de molécules variées, qui peuvent très bien être toxiques, comme dans le cas des champignons vénéneux par exemple. Mais c’est avec cet argument insensé que l’autorité de régulation américaine, la FDA, a autorisé la culture de plantes transgéniques sans tests approfondis.

En ce qui concerne les effets de la 5G sur la santé, le problème reste entier :

La 5G réutilise des bandes de fréquences proches de ce qui était utilisé jusqu’alors (autour de 3 GHz notamment, juste à côté de certaines bandes 4G), mais aussi des très hautes fréquences jamais utilisées pour la téléphonie (les fameuses ondes millimétriques, au-delà de 24 GHz). Ainsi, Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique, expliquait par exemple le 21 septembre sur Public Sénat : « Il y a eu 28 000 études depuis 1950 dans le monde, il n’a jamais été avéré qu’il y avait des effets sanitaires des ondes téléphoniques en dessous des seuils minimum d’exposition. » [1] Sauf que la quasi-totalité de ces études ne portaient que sur les ondes radio dites de radiofréquence, c’est-à-dire d’une fréquence inférieure à 300 mégahertz, alors que les ondes radio qui seraient utilisées par la 5G sont des ondes dites millimétriques, avec des fréquences plusieurs centaines de fois plus grandes. On voit à quel point le secrétaire d’état maîtrise le sujet !

Surtout, même parmi les 4 600 études portant réellement sur la téléphonie, aucune ne permet conclure sur la dangerosité des ondes millimétriques. Pour les ondes électromagnétiques (auxquelles appartiennent les ondes utilisées pour la téléphonie) comme les rayons ultraviolets (UV), une variation relativement petite de la fréquence peut entraîner des différences énormes sur la santé ! Ainsi, l’écart entre les fréquences des deux types d’UV parvenant au sol, les UV-A et les UV-B, est beaucoup plus petit que celui qu’il y a entre la 5G et la 4G : pourtant, si les premiers sont responsables d’agressions cutanées, la quasi-totalité des cancers de la peau est imputable aux seconds. Concernant les ondes millimétriques de la 5G, en l’absence d’études probantes sur la question, on ne peut évidemment pas conclure. Mais c’est bien pourquoi extrapoler ce qu’on sait de la 4G (jusqu’à 2,7 GHz) à la 5G (d’ores et déjà jusqu’à 28 GHz) est scientifiquement inacceptable, et une vraie prise de risque pour la santé publique.

Et les insectes ?

Une étude simulant l’absorption des ondes millimétriques par les insectes semble en revanche souligner que les fréquences au-delà de 6 GHz (pas utilisées par la 4G, mais par la 5G) seraient particulièrement absorbées par leur corps. Ces études restent préliminaires, mais datent de l’an dernier. Les chantres de la 5G n’ont pas l’air de prendre ces hypothèses au sérieux, alors qu’elles requièrent de débloquer des moyens pour approfondir ces recherches !

De quoi se méfier donc des arguments de Cédric O qui affirme que les ondes radio sont inoffensives de manière générale. De plus, les effets des ondes millimétriques n’ont jamais été testés avec ce qui demeure le plus gros facteur de risque lié à la téléphonie : un smartphone émettant lui aussi des ondes, collé au corps toute la journée, potentiellement plus dangereux que les ondes provenant des antennes.

Urgence. Quelle urgence ?

Il serait donc non fondé d’affirmer aujourd’hui que la 5G présente un danger pour la santé. Mais il est tout autant infondé d’affirmer le contraire ! Mais le gouvernement saute par-dessus le principe de précaution pour une raison simple : il y a urgence. Urgence dans la concurrence technologique entre capitalistes, et urgence de faire des profits pour les patrons des télécoms. À quand une société ou on prendrait le temps de connaître les conséquences d’une technologie avant de l’adopter ?

Barnabé Avelin


[1Cité par Francetvinfo :https://mobile.francetvinfo.fr/inte...

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