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Haïti : de la « perle des Antilles » pillée par l’esclavagisme à la pauvreté chronique

12 juillet 2021 Article Monde

Le récent assassinat du président haïtien Jovenel Moïse n’est pas pour étonner. Non seulement l’île connaît une guerre des gangs qui dure depuis des décennies mais il faut se rappeler qu’entre 1804 et 1957, sur les 36 chefs d’État qu’a compté le pays, 24 ont été assassinés ou renversés.

Première république noire de l’Histoire

Colonie française au 18e siècle, elle ne vit que de l’exploitation des esclaves. Mais en 1791, prenant exemple sur le Révolution française, les esclaves noirs commencent à se révolter. Le terme de cette longue guerre de libération est marqué par la capitulation de l’armée française envoyée contre eux par Napoléon en 1803. L’indépendance est proclamée quelques mois plus tard, en 1804, faisant de Haïti la première république noire au monde.

La France veut dédommager les esclavagistes

Mais la France lui a fait payer cher cette libération du joug esclavagiste. En 1825 le roi de France, Charles X, accepte de reconnaître l’indépendance du pays mais impose le blocus de l’île contre le versement de la somme astronomique de 90 millions de francs-or (équivalent à équivalent à 17 milliards d’euros d’aujourd’hui) destinée à dédommager les propriétaires d’esclaves « lésés ». Pour payer cette somme le gouvernement haïtien impose de nouveaux impôts, aussi lourds qu’impopulaires. Il faudra plus de cent ans à Haïti pour s’acquitter de cette dette, soldée en 1883. Mais l’ancienne colonie ne finira de payer les agios de l’emprunt souscrit en France pour pouvoir la payer… qu’au milieu du 20e siècle ! Et sous toutes les Républiques françaises, sous tous les gouvernements et sous tous les présidents qui se sont succédé – de droite ou de gauche – aucun n’accepte non seulement d’abolir la dette d’Haïti mais de dédommager la population pour les pillages et méfaits causés par le colonialisme puis l’impérialisme français.

Alors si la gabegie, l’incurie et la corruption des différents gouvernements haïtiens ne sont pas pour rien dans la situation économique catastrophique dans laquelle se trouve le pays, il est bon de se rappeler que l’impérialisme français porte lui aussi une lourde part de responsabilité dans le fait qu’Haïti soit devenue aujourd’hui un des pays les plus pauvres du monde.

J.L.

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