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Archives > Convergences Révolutionnaires > Numéro 102, novembre-décembre 2015 > SNCF

Élections professionnelles : Voter c’est bien, lutter c’est mieux !

9 décembre 2015 Convergences Entreprises

Ces élections ont eu lieu dans un contexte marqué par les suites de la réforme ferroviaire votée en août dernier, et qui avait en juin 2014 provoqué une grève nationale de plusieurs jours : la SNCF ayant été découpée en trois entreprises différentes, la direction avait l’obligation d’organiser de nouvelles élections professionnelles dans les six mois. Pendant la campagne électorale, la direction de la SNCF s’est bien gardée d’annoncer quoi que ce soit sur le point chaud, la future convention collective qui devra remplacer l’actuelle réglementation du travail au plus tard le 31 juillet 2016. Histoire, manifestement, de ne pas nuire à ses meilleurs partenaires : les organisations syndicales qui n’avaient pas voulu combattre la réforme ferroviaire, voire qui l’ont soutenue, principalement l’Unsa et la CFDT.

Résultat à l’échelle nationale : la CGT reste la première organisation syndicale avec 34 % des votants, même si elle perd 1,5 point par rapport aux dernières élections de mars 2014. Sud-Rail reste stable à presque 17 %. L’Unsa et la CFDT sont en légère augmentation, avec respectivement 23 % et 15 %. Ces résultats sont à l’image de l’évolution de l’entreprise : au fil des externalisations de certains services et des suppressions de postes à l’exécution (vente, fret, matériel, entre autres), les cadres et agents de maîtrise, dont beaucoup votent pour l’Unsa ou la CFDT, sont en passe de devenir majoritaires à la SNCF.

Cela dit, la CGT et Sud-Rail ont obtenu plus de 50 % des voix, se félicitant d’atteindre ainsi le seuil nécessaire pour dénoncer un accord d’entreprise. Ouais ! Mais il faudrait ajouter « à condition de bien le vouloir »… car la liste est longue des accords que la fédération CGT a signés, ou auxquels elle ne s’est pas opposée, et qui allaient à l’encontre des intérêts des cheminots et de leurs luttes. Faut-il rappeler celui dit de « dialogue social », restreignant l’exercice du droit de grève – service minimum oblige ? Tout récemment, la CGT a entériné l’accord sur le périmètre de la future convention collective, alors qu’il prévoyait d’exclure certaines activités du champ d’application.

En tout cas, il n’y a pas eu de sanction électorale pour les organisations syndicales ayant appelé à la grève en juin 2014… ce que la direction de la SNCF et certains de ses bons amis dans les milieux syndicaux et politiques attendaient ! Raté. Mais pour ce qui concerne les cheminots, ils doivent surtout se convaincre que si ces élections leur ont permis de s’exprimer, elles ne changeront pas le rapport de force en leur faveur. Pour combattre la politique de la direction et imposer les revendications vitales de salaire, embauche et conditions de travail, plus que jamais il leur faudra compter sur leurs propres luttes – et s’y donner des organes démocratiques d’action et de direction.

L.A.

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