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Comme si le confinement était des vacances… avec vue sur Seine à Poissy ou sur canal du Rhône au Rhin à Mulhouse

10 avril 2020 Article Entreprises

Par le présent accord PSA, qui remplace et annule tous les accords locaux sur les congés, la direction se réserve le droit d’imposer jusqu’à six jours de congés aux ouvriers quand elle le souhaite, sur la période de confinement ou au-delà (en plus du jour de « solidarité » volé à tous). « Chaque responsable d’établissement pourra, selon les besoins de son site, décider de la prise de jours de congés payés. Cette demande est limitée à six jours ouvrables et pourra se faire durant la période d’activité partielle à compter de la date de signature du présent accord et jusqu’au 31 octobre 2020. » Manière de considérer la période de confinement comme des « vacances », que les ouvriers vont perdre au profit de PSA.

  •  En plaçant des jours de congés sur la période de chômage partiel, la direction non seulement réduit les frais d’indemnisation du chômage partiel et fait payer aux salariés la plus grande part des 16 % qui manquent, mais en plus pourra faire travailler les ouvriers autant de jours de plus le reste de l’année. Si elle avait dû embaucher des salariés pour rattraper cette partie du travail perdu, ça lui aurait coûté bien plus cher : en gros quatre fois plus (avec les cotisations et charges patronales) que la toute petite part qu’elle prend à sa charge dans le complément de salaire pour la période de confinement.
  •  Quant au choix des jours décrétés « congés », laissé à la décision des directions des sites, il sera presque à effet immédiat puisque le préavis sera de deux jours pendant le confinement et de cinq jours hors confinement. Un bon levier pour trouver des « volontaires » à la reprise : si tu n’es pas volontaire tu restes chez toi mais en congé de force, tant pis pour tes vacances !
  •  Par ailleurs, si l’accord garantit 100 % du salaire net, il ne garantit pas les revenus, puisque pendant toute la période de confinement les primes ne sont pas payées : primes d’équipe, de douche, de transport, etc. Selon un militant CGT de PSA Mulhouse, certains perdront entre 100 et 140 euros par mois.
  •  Par la même occasion, ce sont tous les congés qui sont remis en cause puisque la direction ne garantit plus que deux semaines consécutives de congés d’été, entre le 1er juillet et le 31 août. Tant pis pour les salariés qui ont des enfants, qui vont voir leur famille loin ou qui ont pris leur billet d’avion à l’avance !
  •  Pour finir, l’accord s’étend bien sûr à tous les sites et à tous les salariés, y compris à ceux qui ont continué de travailler sous la contrainte, comme ceux de PSA Vesoul qui ne sont donc pas au chômage partiel, et qui rembourseront quand même celui des autres, puisque eux aussi seront taxés du « jour de solidarité ». Avec pour « seule prime » le droit « de choper le virus », pour reprendre les termes de la CGT. Pas de quoi encourager une reprise de la production de voitures, au prétendu « volontariat ».

L. B.

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