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Accueil > Les articles du site > L’émancipation des femmes, un combat révolutionnaire…

Combats et débats sont loin d’être clos !

Mis en ligne le 11 mars 2021 Article Politique

On n’a pas pu, dans le cadre de cette petite heure d’exposés par Zoom, citer la longue liste de militantes féministes, d’Olympes de Gouges à Gisèle Halimi, en passant par Simone de Beauvoir ou Angela Davis, qui ont contribué à ce combat contre l’oppression des femmes.

Ce combat connaît aujourd’hui un renouveau certain depuis #metoo.

On assiste à une floraison de groupes, idées, courants ou individus féministes. Sur les réseaux sociaux, une multitude de comptes Instagram (type @preparez_vous_pour_la_bagarre ou @taspensea sur la charge mentale) dénoncent le sexisme et ses logiques. Le livre Moi les hommes, je les déteste, de Pauline Harmange, a eu un succès inattendu pour sa petite maison d’édition associative en 2020.

Ce militantisme n’est pas simplement virtuel, mais cherche aussi à organiser des mobilisations. À l’instar des groupes de « colleuses » et de leurs affiches qui fleurissent sur les murs contre les féminicides.

MeToo a relancé et libéré des paroles, mais aussi des actes qui prouvent qu’effectivement l’égalité des femmes n’est pas seulement un droit mais n’existe que dans les faits.

En lien avec ce renouveau militant et cette politisation, une multitude de questions liées à la situation des femmes sont de nouveau posées et débattues dans les milieux universitaires comme dans les lieux de débats entre marxistes, mais les dépassent aussi.

Quelques exemples de ces débats parfois vifs, concernant :

  • La prostitution (travail salarié à l’instar de tous les autres ou exploitation sexuelle des femmes, abjecte « traite des blanches » ?), débat d’où découlent des perspectives politiques différentes sur l’organisation de syndicats de prostitués par exemple.
  • La pornographie : des féministes appelées « prosexe » y voient un potentiel espace de réappropriation de leur sexualité, tandis que d’autres militantes y voient un instrument supplémentaire du patriarcat.
  • Le rapport entre le travail effectué majoritairement par des femmes à la maison et le travail salarié dans le processus de production capitaliste : comment comprendre la place et le rôle de ce travail domestique dans ce que Marx appelait la reproduction de la force de travail ?
  • La primauté ou pas, pour les femmes, de l’appartenance à une classe sociale ou à une catégorie opprimée ? L’oppression de sexe ne l’emporterait-elle pas sur l’exploitation de classe ? Question. Ce qui remet sur le devant de la scène, dans certains milieux académiques, les théories de féministes dites « matérialistes » comme Christine Delphy, Colette Guillemin, Danielle Kergoat, etc.
  • L’« intersectionnalité », concept développé dans les milieux universitaires aux USA avant de se répandre dans les mêmes milieux ailleurs dans le monde : comment comprendre les liens entre les différentes formes d’oppression dans la société ? Celles qui s’appuient sur les différences de sexe, de race, de religion… En s’inspirant notamment des écrits de féministes afro-américaines comme Angela Davis ou Bell Hooks.
  • La question féministe recoupe aussi les nombreux débats qui ont lieu au sein et à propos des mouvements LGBT.

Une partie de ces débats ont lieu entre femmes et militantes se revendiquant du marxisme, mais « quel Marx » ? Ces discussions ne pouvaient pas avoir toute leur place, ou du moins une place explicite, dans notre modeste Zoom d’aujourd’hui.

Fondamentalement, la vivacité avec laquelle ces questions féministes ou féminines se réinvitent et explosent dans les débats, se nourrit des mobilisations de masse de femmes dans le monde entier ces dernières années. Dont en grande majorité de femmes prolétaires. Ces mobilisations – qui dans bien des pays voient les femmes au coude à coude avec les hommes, les voient même souvent un pas en avant dans la contestation politique –, ont lieu dans un contexte de grandes tensions entre les exploiteurs et les exploités, les dominants et les dominés. Tensions symbolisées par des mobilisations spectaculaires d’un côté, des succès politiques notables de figures ou courants d’extrême droite de l’autre – ennemis des travailleurs comme des femmes.

Il manque à ces mobilisations une politique de classe affirmée que pourraient tracer des partis révolutionnaires. Mais ce sont les premières grandes grèves de la fin du XIXe siècle en Russie, puis la vague de « grèves de masse » qui a suivi dans tout l’est de l’Europe en 1905, qui ont offert des opportunités aux révolutionnaires socialistes, comme l’avait relevé à l’époque dans une célèbre brochure Rosa Luxembourg (dont on a fêté il y a quelques jours les 150 ans de la naissance).

Un siècle après, à coup sûr, la révolution peut se nourrir de ces dizaines voire centaines de millions de femmes qui aujourd’hui sont les forces vives de bien des combats.

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