Aller au contenu de la page

Attention : Votre navigateur web est trop ancien pour afficher correctement ce site internet.

Nous vous recommandons une mise à niveau ou d'utiliser un autre navigateur.

Archives > Éditos L’Étincelle > 1999 > février > 1er

COMME CEUX DE PEUGEOT OU D’AIR FRANCE, ET TOUS ENSEMBLE !

Deux mille travailleurs de Peugeot Sochaux en débrayant jeudi et vendredi dernier, ont marqué un premier coup d’arrêt au plan de PSA (Peugeot et Citroën), concernant les 35 heures à la sauce Aubry-Jospin. Alors que tous les syndicats, excepté la CGT, avaient annoncé qu’ils étaient favorables à la signature, alors que Martine Aubry ministre du Travail s’en était déjà félicitée, alors que la direction de PSA s’apprêtait en échange à récupérer des milliards de l’Etat pour rajeunir les effectifs au frais du contribuable et des caisses de retraite et de chômage, tout ce beau monde est bien obligé de constater que tout ne va pas se passer aussi facilement qu’espéré. Heureusement !

Ca pourrait d’ailleurs n’être qu’un début puisque mardi 2 février doivent avoir lieu des mouvements dans toutes les usines du groupe.

Il y a effectivement de quoi s’insurger contre cette prétendue réduction du temps de travail qui n’est en réalité qu’une réduction d’effectif avec augmentation de la productivité. Dans le projet de PSA les 35h sont devenues 36h45, la direction ayant inclus les temps de pause. Les journées de travail pourraient atteindre 10h, la semaine variant de 3 à 6 jours avec travail obligatoire du samedi, avec une pluri-annualisation du temps de travail. Les salariés seraient ainsi à la totale disposition du patron. Quant au « rajeunissement de l’effectif », la direction prévoit de remplacer 3 départs en préretraite par une embauche de jeune, avec à la clé 3800 emplois de moins en 5 ans.

D’autres travailleurs mis devant le fait d’accords semblables sur les prétendues 35 heures ont choisi aussi la grève. C’est le cas du personnel au sol d’Air France, en particulier des mécanos de maintenance, à qui en plus de la flexibilité et du blocage des salaires, leur direction veut imposer une minoration sur les heures de nuit. Plusieurs centaines d’entre eux, à Roissy, à Orly, retardent depuis trois semaines le départ des avions.

Dans toutes les branches et maintenant dans un très grand nombre d’entreprises, de tels accords sont discutés. Chez Renault où les problèmes se posent dans les mêmes termes que chez PSA, la direction ne se cache pas de vouloir faire baisser les effectifs en augmentant la productivité. Les discussions y sont prévues pour la fin de la semaine. A France Télécom, où la direction prévoit 3000 embauches contre 23 000 suppressions d’emplois, des manifestations du personnel ont eu lieu la semaine dernière. Dans les banques plusieurs dizaines de milliers de suppressions d’emplois ont été effectuées ces dernières années, mais les banquiers en prévoient encore pour les prochaines, et exigent davantage de flexibilité en échange de l’embauche de 5000 personnes en 4 ans.

Sous le prétexte de la prétendue réduction du temps de travail, le patronat poursuit ainsi son offensive contre les travailleurs. Il a le gouvernement Jospin avec lui. La loi Aubry est effectivement faite en faveur des patrons, pas des travailleurs. Ceux-ci dans leur grande majorité l’ont d’ailleurs bien compris. Le patronat bénéficie également de la caution de ces dirigeants syndicaux qui poussent à la signature. Y compris même à la tête de la CGT, laquelle en signant des accords de la même eau qu’ailleurs, par exemple dans le textile ou à EDF, se joint au concert des maniaques du stylo. Que des dirigeants syndicaux se tiennent la main, non ça ne prouve pas qu’ils le fassent au profit des travailleurs. N’en déplaise à Bernard Thibaut, si content de se retrouver avec Nicole Notat.

La meilleure façon pour les travailleurs de se tenir la main contre les patrons, c’est aujourd’hui de se battre ensemble contre tous ces accords qui leurs sont défavorables. Pour une véritable réduction du temps de travail, sans flexibilité ni annualisation, ni baisse de salaires, avec embauches en compensation, dans une véritable action contre le chômage, dans un mouvement de ceux qui ont encore un emploi comme de ceux qui n’en ont plus. Une telle lutte est possible aujourd’hui. Mais pour qu’elle aboutisse il faudra que les travailleurs la contrôlent eux-mêmes, qu’ils ne la laissent pas aux mains de dirigeants syndicaux liés à un gouvernement lui-même au service des patrons.

Imprimer Imprimer cet article Réagir Réagir à cet article