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Attentat le 2 novembre à Vienne : Contre le terrorisme et le racisme, la solidarité et la lutte de classe !

11 novembre 2020 Article Monde

Le soir du 2 novembre, la fusillade terroriste dans le centre-ville de Vienne, non loin de la plus grande synagogue de la ville, a créé un dur choc dans la population d’un pays resté jusque-là épargné par les attentats, contrairement à ses voisins français ou allemands, sans parler du reste du monde. La réaction du gouvernement à tout d’abord été d’en appeler à la paix et à la solidarité, avec l’annonce et l’organisation de commémorations officielles en présence de représentants de toutes les « communautés religieuses » du pays. Une réaction qui a pu surprendre certains, vu le discours xénophobe et sécuritaire que le gouvernement conservateur du chancelier Kurz a coutume d’afficher – démagogie anti-migrants oblige !

Cette réaction prudente n’est pourtant pas si surprenante. Rapidement, médias et milieux politiciens bourgeois ont mis au premier plan de multiples révélations soulignant les défaillances de la police et de l’État : certains de leurs représentants étaient au courant des menées et préparatifs du terroriste ; il avait fait de la prison après avoir tenté de rejoindre la Syrie, mais avait été libéré par anticipation pour bonne conduite ; il n’était pourtant pas « déradicalisé », avait acheté des munitions récemment et était resté en contact avec des djihadistes allemands, etc. Fait d’autant plus fragilisant pour le gouvernement qu’un certain crédit que lui avait valu la gestion de la première vague de la Covid – l’Autriche au printemps dernier faisait quasiment figure de premier élève de l’Europe – s’est effondré face à une situation de plus en plus hors de contrôle. Le soir de l’attentat était la veille même de nouvelles mesures de confinement, la population en profitait, remplissait des bars du centre-ville, il faisait beau…

Depuis, l’État autrichien est reparti à l’offensive. Avec la prudence qui sied à sa position inconfortable. Des perquisitions dans des locaux de groupes islamistes, mais surtout un nouveau souffle en faveur de divers projets et gadgets sécuritaires, dont la possibilité d’arrestations « préventives », et autres mesures de surveillance. Et Kurz s’est lancé dans un nouvel axe « France-Autriche » avec son collègue Macron. Tous deux vont « conciliabuler » sur de nouvelles mesures sécuritaires et contrôles aux frontières à l’échelle européenne.

Ce serait la faute aux migrants : air raciste et xénophobe connu…

Dima Rüger

Nous publions ci-dessous la réaction publiée sur le site [1] de nos camarades autrichiens du RSO, au lendemain de l’attentat :


Contre le terrorisme et le racisme, la solidarité et la lutte de classe !

L’attentat terroriste dans le centre-ville de Vienne a été un choc pour de nombreuses personnes en Autriche. Visiblement, cet attentat, qui a fait quatre morts et vingt-deux blessés, est le fait d’un sympathisant de l’État islamique, djihadiste.

La stratégie de l’État islamique consiste entre autres à exacerber le racisme envers les musulmans en perpétuant des attentats en Europe (et dans d’autres pays), pour pouvoir créer une division sociale et recruter des jeunes musulmans marginalisés à son projet politique. La droite et l’extrême droite « autochtones » ne se privent pas de sauter sur l’occasion pour grappiller des voix avec une propagande raciste. Ainsi, différentes extrêmes droites se nourrissent-elles mutuellement.

Nous refusons tout racisme envers les musulmans, ce qui ne veut pas dire que nous nions les dangers terroristes. Mais nous ne devons pas tomber dans le piège du gouvernement, quand celui-ci fait intentionnellement le choix de souligner une situation de menace pour consolider ses projets autoritaires et pour imposer des « valeurs autrichiennes » à tous les réfractaires et prétendus « non-adaptés ».

Les mêmes politiciens qui appellent maintenant à la « solidarité », « contre les divisions », poussent depuis des années le climat social en Autriche vers la droite – à grands coups de démagogie raciste, d’encouragements à craindre les migrations, et d’interdiction du port du voile. Alors que ces politiciens célèbrent aujourd’hui les « libertés démocratiques », ils continuent à refuser le droit de vote aux immigrés et à rejeter les demandes d’accès à la citoyenneté.

Nous n’oublions pas que tous les gouvernements impérialistes, qui se surpassent dans l’expression des condoléances et de la solidarité, ont largement participé par leurs guerres et l’exploitation des pays pauvres, et par l’exclusion sur leur propre sol d’une grande partie de la population, à créer le terreau pour le développement du terrorisme.

Pendant que les plus riches se sont encore enrichis en 2020, malgré la crise de la Covid, les perspectives pour la plus grande part de la population deviennent de plus en plus sombres. Les classes dominantes profitent de la diversion, salutaire pour elles, du terrorisme, en donnant à la recherche des coupables une coloration raciste, de division des travailleurs selon leur origine ou leur religion.

Dans notre commémoration des victimes et nos condoléances à leurs proches, nous opposons donc aux idéologies islamistes et d’extrême droite, et à l’hypocrisie des dominants, la solidarité internationale de tous les travailleurs, et la perspective du renversement du capitalisme et d’une société libre, débarrassée de la barbarie.

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