Le journaliste Belkacem Houam, du quotidien arabophone Echorouk (L’Aurore), a été arrêté et conduit à la prison d’El Harrach, à Alger, pour avoir révélé qu’une cargaison de 3 000 tonnes de dattes du Sahara avait été refusée par un importateur français en raison de l’utilisation de produits phytosanitaires dont les fruits portaient encore les traces. C’est le ministère du Commerce qui a porté plainte contre lui en vertu d’une loi qui punit de trois à dix ans d’emprisonnement la propagation délibérée « d’informations fausses ou calomnieuses afin de provoquer une hausse subite et non justifiée des prix ». Quant à ceux qui aspergent les dattes de produits chimiques, ils ne risquent rien. Préserver la liberté du commerce et des affaires vaut bien quelques entorses à la liberté de la presse. Et pas seulement de l’autre côté de la Méditerranée.
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