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Algérie : la disparition du quotidien Liberté

11 avril 2022 Brève Monde

Le quotidien d’information francophone Liberté, qui existe depuis trente ans, cessera de paraître dans les prochains jours. Son propriétaire évoque des problèmes financiers. Mais le propriétaire en question est le patron le plus riche du pays, dont le groupe financier, Cevital, contrôle notamment des entreprises agro-alimentaires, la logistique du port de Béjaïa (Numilog), et a racheté les usine Brandt en France. La raison n’est donc pas qu’affaire d’argent.

Pour ce patron autoritaire, interdisant tout syndicat dans ses entreprises (d’où une longue lutte des travailleurs de Numilog contre le licenciement des militants qui avaient tenté d’en créer un en 2020), la possession d’un journal aux allures modernes, au ton un peu libre, critique du régime parfois (même si c’est à l’ombre des généraux que Rebrab a fait fortune), donnait une petite aura. Et accessoirement un soutien « démocratique » lorsqu’Issad Rebrab avait été momentanément emprisonné, en 2019, par le général Gaïd Salah qui voulait donner le change au Hirak en s’en prenant à quelques grands patrons. Liberté saluait alors ce bon patron kabyle qui avait créé tant d’emplois en Kabylie… Mais ainsi va la presse « démocratique », en Algérie comme ailleurs, où la liberté d’expression est toujours conditionnée par celle du fric (Xavier Niel pour Le Monde, Patrick Drahi pour Libération…)

Des raisons qui conduisent aujourd’hui Rebrab à arrêter Liberté, mettant à la porte une centaine de journalistes et employés, on ne connait que les conjectures évoquées par la presse algérienne : le fait que, partant à la retraite, il n’aurait pas forcément envie d’en laisser le fardeau à son fils, héritier de son empire industriel, ou son récent échec à étendre son empire médiatique au-delà d’un simple quotidien imprimé, ou les pressions politiques du régime… À voir.

Mais c’est en tout cas l’un de journaux algériens où l’on trouvait le plus d’informations et un petit ton critique qui disparait. Et dont on regrettera, entre autres, les dessins quotidiens impertinents de Dilem, dont nous reproduisons deux des tout derniers, sur la fin du journal et sur le début du ramadan.

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