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Accueil > Éditos de bulletins > 2000 > octobre > 9

Révolte en Palestine. A quand la révolution ?

La semaine passée, près d’une centaine de Palestiniens sont tombés sous les balles de l’armée israélienne.

C’est une histoire vieille de cinquante ans. Depuis que des Juifs d’Europe et d’ailleurs, après le terrible génocide nazi dont ils ont été victimes durant la seconde guerre mondiale, sont venus s’installer en Palestine, mais sous la conduite de dirigeants sionistes qui ont chassé de là les Arabes qui y habitaient, les flambées de révolte et de guerres se succèdent entre les communautés juive et arabe. Il y a pourtant de quoi vivre pour tout le monde dans la région. Les Juifs venus pour la plupart de pays développés ont su transformer déserts et terres arides. Mais leurs dirigeants n’ont pas su ou pas voulu le faire autrement qu’en servant les intérêts des grandes puissances impérialistes anglaise, française, américaine dans la région. Les Palestiniens ont été chassés de leur terre, ou ravalés sur place à un statut de parias exploités. Ils ont été parqués dans des camps, en Israël même ou dans les pays arabes alentour. Les prétendus « accords de paix » se sont succédé sans rien régler.

Un des derniers en date, après cette « intifada » ou guerre des pierres qui a éclaté dans les années 1980, a consisté à accorder aux Palestiniens une caricature d’Etat indépendant. En fait, ces territoires dits autonomes sont des bouts de zones les plus pauvres où ils ont été parqués, sous surveillance militaire et policière palestinienne - belle consolation d’avoir ses propres flics ! - mais toujours sous super-contrôle militaire israélien. Les Palestiniens sont dans des ghettos, et des Israéliens parmi les plus réactionnaires trouvent le moyen de continuer à venir y installer ou grossir des « colonies » protégées par l’armée, d’où une situation qui ne demande qu’à exploser.

Mais pour la population et la jeunesse israéliennes, c’est aussi un ghetto : elles sont dressées par leur gouvernement à voir dans les Palestiniens les ennemis à opprimer ou à abattre. D’où la militarisation de toute la société et le piège sanglant d’une politique d’apartheid. Et les dirigeants israéliens, qu’ils soient de droite ou de gauche comme l’actuel Barak, mènent la même politique… au point qu’ils en sont aujourd’hui à envisager de gouverner ensemble dans un cabinet de coalition guerrière qui se prépare déjà à passer de la répression permanente à une vraie guerre !

Du côté palestinien, Yasser Arafat n’a pas voulu sortir non plus du piège du nationalisme et a accepté les marchandages défavorables à la population palestinienne. Il a déçu une génération de Palestiniens. Le résultat, c’est qu’une partie des plus jeunes et des plus révoltés se tournent aujourd’hui vers des démagogues intégristes qui appellent au meurtre contre les Juifs d’Israël et d’ailleurs. Et ça sent mauvais la démagogie raciste voire fascisante !

Les jeunes Palestiniens reprennent aujourd’hui le chemin de la lutte. Ils ont raison. Ils doivent avoir toute notre solidarité. Malheureusement, les partis politiques islamistes tels que le Hamas ou le Hezbollah, qui se propulsent à leur tête, les piègent dans des impasses. Ces politiciens réactionnaires ne cherchent que des « martyrs » pour asseoir leur dictature personnelle, sur le mouvement comme demain à la tête d’Etats. On a vu en Iran et ailleurs quelle est leur conception obscurantiste du bonheur des peuples !

Tout cela ne serait donc qu’un imbroglio sanglant dont on ne pourrait jamais sortir ? Si bien sûr, il y aurait une issue. A condition que tous les pauvres de la région, exploités et opprimés par des Etats gendarmes s’unissent pour lutter contre tous leurs oppresseurs. Et à condition qu’ici, car cela a son importance, des jeunes et des moins jeunes défendent d’autres perspectives. Seuls ceux qui se résignent aux atrocités de ce monde peuvent dire qu’une telle lutte internationaliste serait utopique.

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