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Luttes pour les salaires : prenons le train en marche

Après un premier mouvement des travailleurs de la RATP mardi 26 septembre, ce sont les cheminots qui ont marqué la semaine dernière avec leur grève de 24 h, jeudi 28. Un mouvement très suivi : entre 35 % et 40 % de grévistes au total, parfois beaucoup plus selon les régions (64 % à Marseille...) - ou selon les catégories de cheminots. La grève a été massive en particulier chez les conducteurs et chez les contrôleurs, ce qui a paralysé une bonne partie du trafic. Ce n’était pas arrivé depuis le mouvement de novembre-décembre 95 !

En fait, après la farce électorale du week-end précédent, les cheminots ont mis à l’ordre du jour nos vrais problèmes : l’augmentation des salaires.

Salaires gelés pour profits torrides

Il faut dire que les cheminots, qu’on ose parfois nous présenter comme des “ privilégiés ”, ne sont pas franchement mieux lotis que les autres travailleurs. Près du quart des cheminots embauchés gagnent moins de 8500 F net. D’ailleurs les travailleurs à statut sont loin de constituer la totalité des salariés de la SNCF, et parmi ses nombreux contractuels, 70 % ne touchent même pas le SMIC !

Un gréviste, titulaire depuis deux ans, expliquait : “ Je gagne environ 6800 F par mois. C’est peu pour quelqu’un qui se lève un jour sur deux à trois heures du matin. La direction propose 0,4 % d’augmentation. C’est une provocation !

Il faut dire qu’à la SNCF, comme dans beaucoup d’entreprises, les salaires sont en pratique gelés depuis 1982, date à laquelle ils ont été désindexés sur les prix. Depuis, les rares augmentations ont été systématiquement effacées par l’inflation, à tel point que le pouvoir d’achat moyen des cheminots a baissé de 20,9 % d’après les syndicats au cours de ces 18 années... Et la situation ne s’est pas arrangée avec les lois Aubry : non seulement elles ont rendu le travail plus pénible, mais elles ont aussi servi à justifier de nouvelles périodes de “ modération salariale ”, censées durer jusqu’en 2002 !

Le trafic ferroviaire par contre, et avec lui les profits, se portent beaucoup mieux que les salaires, et alors que depuis des années la direction ne cessait de pleurer sur de prétendus déficits (et de s’en servir comme prétexte à des réductions d’effectif massives), Gallois, le PDG de la SNCF, a annoncé 586 millions de résultats financiers pour 1999, du jamais vu depuis...1978 !

1500 F pour tous !

Alors, c’est clair, les problèmes des cheminots sont les mêmes que les nôtres. C’est pour tous les travailleurs que les salaires ont un retard scandaleux. Quand les profits explosent pour la plupart des grosses entreprises (+ 165 % pour TotalFinaElf, + 175 % pour Thomson Multimédia, sans parler de l’automobile ou des banques...), le pouvoir d’achat des salariés stagne ou régresse depuis au moins dix ans, et dans 80 % des branches les salaires démarrent au-dessous du SMIC. Sans compter que rares sont les familles où il n’y a pas un ou plusieurs chômeurs, même « à temps partiel » par le biais d’emplois précaires, ce qui diminue les revenus de toute la classe ouvrière.

Depuis les premières politiques d’austérité, sous un gouvernement socialiste, il y a près de vingt ans, le patronat et le gouvernement nous ont fait du chantage à la crise, en brandissant la menace du chômage, ce qui n’a pas empêché les grandes entreprises de très bien s’en sortir. Et maintenant, les mêmes font les coqs en chantant sur tous les tons que la croissance est revenue : ils méritent qu’on leur vole dans les plumes !

Même si elle n’a duré qu’une journée, la grève des cheminots montre la voie. Pour récupérer une partie de ce qu’ils nous volent, il nous faut nous battre tous ensemble. Et pas pour des revendications catégorielles ou des primes bidons, mais autour d’objectifs qui nous unissent : il nous faut 1500 F pour tous !

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