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Petite flamme du confiné inconnu…

8 mai-11 mai, un week-end national chargé ! Liberté, égalité, promiscuité, rentabilité !

10 mai 2020 Article Société

Le 8 mai 2020, en petit comité : Macron, Sarkozy et Hollande, au coude à coude, ont célébré la fin de la Deuxième Guerre mondiale devant la tombe du soldat inconnu – victime de la Première. Pourvu qu’ils ne lui aient pas refilé le virus, à ce pauvre pioupiou…

Le 11 mai 2020 : promesse de Macron tenue, c’est la nouvelle fête nationale : celle du déconfinement.

Branle-bas de combat pour l’ouverture des écoles maternelles, avec de nouvelles règles du jeu : bal masqué, distances à garder, pas touche aux jouets, pas de doudou suspect, et à chacun sa gamelle en guise de cantine. Il faut bien que les parents aillent bosser !

Branle-bas de combat pour les bus, les métros et les trains de banlieue : ronds blancs au sol, flèches rouges et vertes, affichettes « faites-pas ci, faites-pas ça » !

Une place assise sur deux doit rester vide… mais comme on est d’ordinaire tous debout, pas de souci ! Et poireautez pour le train suivant, ou l’autre encore, les deux pieds dans votre rond.

Depuis deux mois, c’était enfermé pour le télétravail, au chômage partiel, en congé maladie ou garde de gosses. Nous serions désormais libres d’aller au bureau et à l’usine. C’est la fête de la liberté !

Depuis deux mois, c’était déjà pour beaucoup d’autres, et pas seulement dans des secteurs essentiels, l’obligation d’aller bosser malgré les risques, pour eux et leur entourage. Le 11 mai, demain, on y sera tous. C’est la fête de l’égalité !

Sauf les salariés en contrats précaires, les intérimaires, petits entrepreneurs ou petits commerçants qui feront la queue à Pôle emploi au lieu de la faire sur le quai du métro. Une moitié au boulot avec flexibilité garantie des horaires pour rattraper le retard des profits. Une autre moitié au chômage pour sauver les patrons de la faillite. Cela se complète. C’est la fête de la fraternité !

Et pas d’inquiétude pour les directions de la SNCF et de la RATP, et plus généralement pour les patrons : une loi d’amnistie préventive se concocte au parlement, qui les dégage de toute responsabilité pénale en cas de contamination dans les transports ou les entreprises. Même coupables, ils ne pourront être jugés responsables ! C’est ce qu’on appelle la « loi d’urgence sanitaire » – prolongée. C’est la fête de leur irresponsabilité !

La république universelle pense à tout.

Et si on se déconfinait vraiment ?

Pourquoi ces ronds, ces flèches à sens unique même pour les piétons, ces consignes ubuesques à respecter dans les transports, sur les quais de gare et de métro, sur les chantiers ou sur les chaines des usines ? Et n’aurait-il pas été plus simple et sympa de déconfiner d’abord des forêts, des parcs et des squares, des terrasses de restos ou cafés, des théâtres en plein air, des concerts de rue, des terrains de sport et des plages ? En tout respect de gestes « barrière » ?

Pourquoi va-t-il falloir une autorisation de son patron, aux heures de pointe, pour prendre le métro et aller s’enfermer à plusieurs centaines sur les mêmes lieux de travail ? N’avons-nous pas toutes et tous, après deux mois d’enfermement ou de travail dans des conditions dangereuses, besoin d’une vraie respiration sociale autre que celle du travail sous masque ou celle des respirateurs des hôpitaux ? Un peu de brise marine et d’air des forêts…

Oui, pourquoi le « déconfinement » est-il synonyme de boulot ?

Sans boulot, diront-certains, pas de salaire, pas de survie ? Oui, sous le joug du capitalisme, un système bien borné, un horizon bien confiné, à dépasser !

C.I.

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