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75 ans après, que reste-t-il de la Seconde Guerre mondiale ?

19 mai 2020 Article Culture

Il y a 75 ans et quelques jours, la prise de Berlin par les troupes soviétiques mettait un terme à la Seconde Guerre mondiale, en Europe du moins. Le conflit le plus meurtrier de tous les temps connaît depuis une multitude d’autres vies au travers d’œuvres, fictionnelles comme documentaires, dont la vitalité ne se dément pas malgré la disparition progressive des dernières générations de témoins.

Une compréhension renouvelée…

L’histoire militaire continue certes de capter le gros du marché de l’édition, portée par la vogue des collectionneurs de « militaria » (en gros tous les objets employés par les combattants, depuis les guêtres jusqu’aux blindés) et les reconstitutions. Ces trois dernières décennies cependant, la recherche historique a exploré des aspects jusque-là oubliés ou ignorés de la Seconde Guerre mondiale, en particulier son histoire sociale, bien plus intéressante que la litanie des batailles.

Ainsi, plusieurs livres ont retracé le sort des Noirs dans la guerre, et notamment l’exécution par l’armée allemande de plusieurs centaines, voire milliers, de soldats coloniaux de l’armée française capturés lors de la Débâcle de mai-juin 1940 [1]. Fabrice Virgili a analysé dans La France ‘virile’. Femmes tondues à la Libération les ressorts et l’ampleur des violences subies à la Libération par les Françaises accusées le plus souvent de « collaboration horizontale » avec les soldats allemands. Des traitements dégradants qui avaient pour objectif de réaffirmer un pouvoir patriarcal affaibli par la défaite humiliante de l’été 1940 – les hommes auraient failli à leur mission virile de défense de la patrie – et la captivité de deux millions de pères, frères et maris.

Autre exemple, l’histoire économique de Vichy a donné lieu à des enquêtes fouillées sur la collaboration entre le patronat français et les autorités allemandes. La plupart concluent que les pressions incessantes des autorités allemandes ne laissaient que peu de marges de manœuvre à un patronat pressé avant tout de « sauver l’outil de travail » [2]. Quelques-unes dressent néanmoins des portraits de patrons, petits ou grands, faisant des affaires juteuses, voire se mettant à rêver des opportunités qu’offrirait l’unification du marché européen, fût-ce sous la botte nazie [3]. Annie Lacroix-Riz va plus loin : pour elle, la bourgeoisie française a globalement fait Le choix de la défaite [4]. À l’évidence, ses conclusions plaquent sur des faits par ailleurs bien documentés une grille de lecture stalinienne [5] – la bourgeoisie française, « antinationale », aurait vendu la patrie aux nazis sous l’Occupation, puis aux Américains sous la guerre froide ; seule la classe ouvrière serait patriote.

… mais une interprétation toujours globalement inchangée

Si ces travaux de spécialistes infusent dans les médias ou les manuels scolaires, ils n’ont pas vraiment modifié leur analyse globale de la Seconde Guerre mondiale. La victoire des Alliés sur les puissances de l’Axe (Allemagne nazie, Japon impérial et Italie fasciste) serait – et reste pour la bourgeoisie occidentale – celle des démocraties sur les dictatures [6].

La lecture marxiste d’un conflit entre impérialismes rivaux luttant chacun pour un repartage de monde plus favorable pour ses capitalistes nationaux n’a pas le vent en poupe. C’est pourtant elle qui permet de comprendre par exemple l’indifférence criminelle des Alliés face au génocide juif, connu avec suffisamment de certitudes quasiment dès la mise en œuvre de la Solution finale en 1942, ou bien les politiques d’internement qui ont visé aussi bien aux États-Unis les citoyens américains d’origine japonaise qu’en France avant l’Occupation les républicains espagnols et les réfugiés antinazis.

Centre d’internement japonais aux États-Unis - https://share.america.gov/fr/les-libertes-civiles-en-temps-de-guerre

La Seconde Guerre mondiale est avant tout le produit de la crise économique non résolue de 1929. Poussant les États à protéger derrière des barrières douanières leurs marchés intérieurs afin de les réserver à leurs capitalistes, la crise aiguise les contradictions d’un système économique dont l’arène est mondiale depuis un demi-siècle au moins. En Allemagne, le redressement industriel opéré par les nazis n’a lieu qu’au prix d’un fort endettement de l’État, dont le budget militaire atteint en 1939 le chiffre ahurissant de 23 % du Produit national brut. En clair, Hitler a obtenu des banques allemandes des crédits presque illimités pour acheter des armes aux magnats de la sidérurgie allemande, armes avec lesquelles il compte bien rembourser ses créanciers.

Photomontage illustrant un discours du dirigeant nazi Goering expliquant que le métal a toujours renforcé l’État, tandis que le beurre et le lard ont toujours engraissé le peuple

Face à cette menace, les dirigeants français et anglais espèrent – jusqu’après l’invasion de la Pologne en septembre 1939 – que Hitler tournera ses canons contre l’URSS. La conquête de « l’espace vital » nazi aurait alors pour conséquence d’éliminer avec le régime issu de la Révolution d’octobre – un phare dans la lutte de classe pour des millions d’ouvriers, même si depuis longtemps la lumière qu’il émet les envoie sur des récifs plutôt qu’à bon port… – les obstacles à l’investissement capitaliste dans ce pays aux dimensions d’un continent, regorgeant de toutes sortes de richesses. Quant aux États-Unis, ils sont surtout pressés d’attendre, comme lors de la Première Guerre mondiale, que leurs rivaux s’épuisent avant de s’engager.

Hitler aurait sous-estimé le potentiel militaire soviétique, nous dit une récente synthèse [7]. Peut-être. En tout cas, c’est pour éviter une guerre sur deux fronts (à la fois ouest et est) qu’il s’en prend d’abord à la France et au Royaume-Uni, puis, une fois la victoire acquise à l’ouest, se retourne vers l’est. À l’autre bout du monde, le Japon déclenche la guerre du Pacifique afin d’éliminer d’Asie les impérialismes américain et anglais. Il n’hésite pas à mobiliser la haine des peuples colonisés contre leurs oppresseurs occidentaux. Mais sa « sphère de coprospérité » n’est rien d’autre que la poursuite du pillage de l’Asie à son profit.

L’entrée en guerre de l’URSS, puis celle des États-Unis, changent néanmoins le rapport des forces entre l’Axe et les Alliés. Ces deux vastes pays disposent d’un appareil industriel largement supérieur à celui de l’Allemagne – même augmenté des usines des pays occupés – et du Japon. Louis Renault a beau livrer des milliers de véhicules blindés à la Wehrmacht, celle-ci est submergée par les tanks et avions soviétiques tout comme les Japonais par les navires et les avions américains.

1940 1941 1942 1943 1944
Acier (millions de tonnes)
Allemagne 21,5 32 32 35 28
États-Unis 60 65 76 79 80
URSS 18 14 5 8 11
Avions de combat fabriqués
Allemagne 10 200 12 400 15 400 24 800 37 950
Japon ---- 5 100 8 900 16 700 28 200
États-Unis 2 140 19 400 47 700 86 000 95 000
URSS ---- 3 950 25 540 34 900 40 300
Chars construits
Allemagne 2 200 5 120 9 400 19 900 27 300
États-Unis 345 4 000 25 000 29 500 17 600
URSS 2 800 4 750 24 700 24 000 29 000
Porte-avions construits
Japon 5 (*) 3 6 7 5
États-Unis 2 (*) 9 35 51 44

(*) : chiffres pour 1937-1940

L’Europe orientale, libérée par l’Armée rouge, basculera-t-elle dans la révolution ? Pas du tout. Dès 1943, les dirigeants alliés se sont entendus pour faire régner l’ordre après guerre. Ni Churchill, ni Roosevelt, ni encore moins Staline ne veulent la réédition de la vague révolutionnaire de 1917-1923, à l’origine de la révolution russe, et qui aurait pu éclater dans une Europe dont les prolétaires, militaires et civils, avaient tant souffert de la guerre.

L’Armée rouge ne met pas au pouvoir des révolutionnaires dans les pays qu’elle contrôle en cette année 1945, mais des bureaucrates étroitement contrôlés par la police politique stalinienne, le NKVD. En Europe de l’Ouest, des ministres communistes entrent au gouvernement en Italie et en France… pour mieux remettre la classe ouvrière au travail – « produire d’abord, revendiquer ensuite » – et empêcher toute contestation sociale car, dixit le dirigeant du PCF Maurice Thorez, « la grève c’est l’arme des trusts ». La conférence de Yalta en février 1945 décide que la Grèce et la Yougoslavie appartiendraient au bloc de l’Ouest. La guérilla communiste grecque, aux portes du pouvoir, est désarmée par l’armée anglaise et la politique imposée par les agents de Staline. Des milliers de militants le paieront de leur vie ou de leur liberté. Et si la Yougoslavie de Tito (dont le sort était resté flou lors de la braderie) n’a pas pris le même chemin et s’est émancipée de la tutelle de la bureaucratie soviétique en 1948, c’est par incapacité du Kremlin, entre autres, à contrebalancer le crédit que Tito s’était taillé dans la résistance contre l’occupation allemande.

Soldats allemands pris à partie par les partisans du Parti communiste grec, le KKE

Les Alliés peuvent bien promettre en 1945 un monde de paix. Leur ordre est d’abord celui qui permet aux grandes puissances d’écraser les peuples. La répression du soulèvement des Algériens à Sétif et Guelma le 8 mai 1945 en est la meilleure illustration…

Qui célèbre-t-on le 8 mai de nos jours ?

La signification du 8 mai a beaucoup varié au fil des ans. En France, elle n’a donné lieu à un jour férié qu’à partir de 1981. Les anciens combattants l’avaient vainement demandé aux gouvernements de droite, c’est François Mitterrand qui le leur offre. De Gaulle, bien qu’ayant construit son crédit politique sur son appel du 18 juin 1940 à poursuivre la guerre, s’est globalement refusé à commémorer le 8 mai, au motif de faciliter la réconciliation avec l’Allemagne de l’Ouest et la coopération européenne. Avant 1984, on ne commémore pas davantage le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. C’est, là encore, Mitterrand qui prend pour les 40 ans du D-day l’initiative d’un grand pince-fesse diplomatique, qui fait passer le tourisme « mémoriel » normand de l’artisanat à l’industrie.

Discours du président américain Reagan à la Pointe du Hoc

De nos jours, les sites du débarquement « pèsent » en moyenne cinq millions de touristes par an – le coronavirus va faire de sacrés dégâts cette année. Des dizaines de musées ont ouvert ces trois dernières décennies pour rendre gloire aux moindres faits d’armes de « nos libérateurs ». Et en juin, il n’est pas rare de croiser sur les arrières des plages des nostalgiques de l’US Army, en tenue d’époque juchés sur une jeep ou un camion Dodge surmonté d’une mitrailleuse lourde. S’ils savaient… En 1944, les Normands pardonnaient encore aux Américains d’avoir réduit en miettes des villes entières comme Saint-Lô, Vire ou Falaise, mais pas de rouler à tombeau ouvert au milieu des ruines ou des villages [8] !

Vue aérienne de Vire, Calvados, en 1944

Le 6 juin 1944, les Anglais étaient plus nombreux à débarquer. Des Canadiens, des Belges, des Polonais les accompagnaient. Mais la postérité a retenu la figure du GI. Elle a aussi et surtout effacé l’Armée rouge du tableau [9].

Alors que dans l’après guerre, la majorité des Européens attribuent à l’URSS la chute du nazisme, aujourd’hui, au moins en Europe de l’Ouest, c’est au soldat américain que les sondages décernent cet honneur. L’effondrement de l’URSS, l’effacement progressif de l’humiliation américaine au Vietnam à mesure que l’US Army s’est remise à intervenir dans le monde entier, ont pesé. Pourtant, c’est bien à l’est que combattait le gros des troupes allemandes entre 1941 et 1945, et que la machine de guerre nazie a été broyée. En URSS puis en Russie, la commémoration de la fin de la guerre est depuis 1946 l’occasion de cérémonies grandioses… à la mesure du traumatisme général de la société. Tous les dirigeants ont surfé sur ces sentiments et les plaies restées ouvertes. Les historiens estiment aujourd’hui à 26 millions le nombre de victimes soviétiques, civiles et militaires.

Une barbarie « anthropologiquement humaine »… ou fruit de rapports sociaux oppressifs ?

Dans la réévaluation du rôle de l’Armée rouge, tout n’est cependant pas à jeter. À partir des années 2000, les innombrables viols commis par ses soldats lors de la « libération » de l’Allemagne sont sortis de l’oubli. Un oubli dans lequel les avaient plongés l’universel opprobre social frappant les femmes violées dans n’importe quelle société, mais aussi les nouvelles autorités allemandes soucieuses d’avoir de bonnes relations avec les troupes d’occupation, à l’ouest comme à l’est. Car s’ils n’ont pas eu la même ampleur, des viols massifs ont également été perpétrés par les soldats tant américains qu’anglais ou français dans la partie de l’Allemagne qu’ils ont « libérée ».

Que les soldats de la « démocratie » se montrent aussi barbares que leurs adversaires n’a au fond rien pour étonner. La propagande qui les mobilise repose sur un mécanisme classique de déshumanisation de l’ennemi – la palme au racisme anti-japonais aux États-Unis. Elle reste foncièrement nationaliste. En URSS, on baptise le conflit « grande guerre patriotique » et on exalte le souvenir des guerres menées par les tsars ou leurs généraux contre les envahisseurs. Aujourd’hui Poutine remet en honneur Staline (mais pas la révolution bolchévique…) !

Hitler comparé à Napoléon repoussé en 1812

On tait même certaines persécutions antisémites nazies [10]. Côté américain, l’armée reste ségréguée. Les Noirs ne sont pas entraînés au maniement des armes, de crainte que cela leur serve une fois revenus aux États-Unis pour se défendre face aux violences racistes [11]. Cela n’empêche pas qu’ils risquent tout autant leur peau à décharger des caisses de munitions sous les obus qu’avec un fusil à la main. Quant aux soldats anglais, ils défendent avant tout l’empire. En Asie, cela les amène aussi bien à s’opposer aux Japonais en Birmanie qu’aux paysans révoltés contre la domination coloniale en Inde.

Certes les Alliés dénoncent à l’occasion les fascismes allemand, italien et japonais, tel le réalisateur de cinéma Frank Capra dans la série Why we fight. Mais ils mènent la guerre avec le même mépris de la vie humaine que l’Axe. En témoignent les bombardements des villes allemandes et japonaises (dont nucléaire [12]) pour dissuader la population de se révolter. Du reste, il n’était à l’inverse pas nécessaire d’être un SS fanatisé pour participer au génocide juif. Bien souvent, « des hommes ordinaires » [13] pris dans les rangs de la Wehrmacht ont montré la même application dans le crime.

(Photo : Dresde bombardée)

La barbarie de la Seconde Guerre mondiale a nourri bien des réflexions désabusées sur le genre humain. Mais la plupart ont pour angle mort la responsabilité de l’organisation capitaliste du monde. Dans un article laissé inachevé par son assassinat par les agents de Staline en août 1940, Trotsky écrivait :

« La Seconde Guerre mondiale pose la question du changement de régime d’une façon plus impérieuse, plus urgente que ne le fit la première guerre. […] Les ouvriers ont conscience que la démocratie fait partout naufrage et qu’ils sont menacés du fascisme même dans les pays où le fascisme n’existe pas encore. »

Et quelques mois plus tôt en mai 1940, dans le Manifeste d’alarme de la IVe Internationale :

« La tâche que pose l’histoire n’est pas de soutenir une partie du système impérialiste contre une autre mais d’en finir avec le système dans son ensemble. »

C’est sans doute en repartant de ces appréciations qu’on peut encore le mieux comprendre la Seconde Guerre mondiale.

Mathieu Parant


[1Johann Chapoutot et Jean Vigreux (dir.), Des soldats noirs face au Reich. Les massacres de 1940, PUF, 2015.

[2François Broche et Jean-François Muracciole, Histoire de la collaboration, 1940-1945, Tallandier, 2017. Réédité en collection Texto, 2019, 12,5 euros.

[3Le banquier Henri Ardant, PDG de la Société générale étudié par Claire Andrieu, La banque sous l’Occupation. Paradoxes de l’histoire d’une profession, Paris, 1990, Presses de Sciences Po.

[4Annie Lacroix-Riz, Le choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2006.

[5L’auteure est membre du Pôle de refondation du communisme en France, une organisation néo-stalinienne.

[6Si vous avez du temps à perdre, le documentaire américain The War (de Ken Burns et Lynn Novick, 2006) reflète parfaitement ce point de vue en 14 épisodes de 52 minutes visibles sur www.arte.tv jusqu’au 31 août.

[7Nicolas Bernard, La guerre germano-soviétique, 2013, Tallandier.

[8Stéphane Lamache, La Normandie américaine, Paris, Larousse, janvier 2010, 191 pages.

[9Sondages faits par l’Ifop en France : Quelle est selon vous la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?, https://www.ifop.com/publication/la...

[10Entre autres exemples, des reportages du journaliste de la Krasnaïa Zvezda (« l’Étoile rouge », journal de l’Armée rouge) Vassili Grossman, lui-même juif, sont censurés (voir ses Carnets de guerre édités par Anthony Beevor et Luba Vinogradova, publiés chez Calmann-Lévy en 2007). Vassili Grossman est l’auteur « du » roman de Stalingrad, Vie et destin, lui aussi censuré, et publié après sa mort.

[11À lire à ce sujet le très politique témoignage de Thomas Russell Jones, J’étais un officier noir dans l’armée américaine pendant la Deuxième Guerre mondiale, entretien avec Claude Collin, disponible en ligne sur le site https://www.cairn.info/revue-guerre...

[12À noter l’œuvre littéraire de Marguerite Duras, Hiroshima mon amour, scénario et dialogues d’un film d’Alain Resnais sorti à la fin des années 1950. Iconoclaste pour l’époque. Hiroshima est devenue une destination pour « tour opérateurs » pacifistes, tandis qu’une jeune femme tombée amoureuse d’un Japonais se rappelle ses premières amours – alors qu’elle avait 20 ans – avec un soldat allemand, qui lui a valu d’être tondue et enfermée dans une cave à la fin de la guerre.

[13Christopher Browning, Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne, 1992, publié en français par les éditions Texto, 2007, 9,50 euros.

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