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Accueil > Éditos de bulletins > 1998 > décembre > 7

50e anniversaire de la Déclaration des droits de l’Homme PENDANT LA CELEBRATION, L’EXPLOITATION CONTINUE

On célèbre en grande pompe, cette semaine, le cinquantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme adoptée en 1948 par les Nations unies.

Rédigé après la seconde guerre mondiale, en s’appuyant sur le choc provoqué dans l’opinion publique par la découverte des horreurs perpétrées pendant la guerre et en particulier dans les camps de la mort nazis, ce texte fut avant tout conçu par les gouvernements des grandes puissances capitalistes comme un outil de propagande anticommuniste. Car, alors que débutait la guerre froide et que Mao s’approchait de la prise du pouvoir, il était surtout destiné à camoufler derrière l’idée de droits universels la continuité de la misère et de l’exploitation des classes ouvrières et des colonies… par ces mêmes Etats qui le votaient.

Les successeurs actuels des gouvernements de l’époque qui commémorent l’événement continuent de perpétuer l’hypocrisie. A commencer par la France elle-même, soi-disant patrie des droits de l’Homme, avec ses millions de chômeurs et de précaires, ses centaines de milliers de SDF, ses dizaines de milliers de sans-papiers. Ne voit-on pas que les droits au logement, à la santé et à la protection sociale, au travail, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la libre circulation des personnes, à l’asile politique, tous ces droits que prétendaient garantir la Déclaration, sont bafoués quotidiennement !

Des droits universels, les gouvernants, qu’ils soient de droite ou de gauche, n’ont retenu que celui de la propriété privée des capitaux qui circulent librement et imposent leur dictature partout sur la planète. Ils n’hésitent pas à opposer partout leurs cohortes de policiers et de militaires à celles et ceux qui revendiquent une plus juste répartition de ces richesses. Et ceux des pays riches, qui ont la prétention d’être démocratiques, hésitent encore moins à soutenir, dans les pays pauvres qu’ils exploitent, les pires dictateurs, qui massacrent, torturent, emprisonnent, comme les Etats-Unis l’ont fait avec Pinochet, et la France le fait aujourd’hui avec Kabila. Leur Droit est un Droit de classe, celui des oppresseurs contre les opprimés.

Pendant la commémoration, l’exploitation continue. Des milliers de travailleurs sont jetés à la rue au nom du droit des capitalistes à réaliser des profits. Des hommes et des femmes sont privés de logement au nom du droit des propriétaires à administrer leurs biens comme bon leur semble.

Cependant ces festivités ne pourront faire oublier que les sans-droits, sans-logis, sans-travail, sans-papiers existent. Ni qu’un nombre important d’entre eux ont pris le seul chemin qui permet de changer la situation, celui de la lutte.

Les luttes en cours, celles des chômeurs pour un emploi et la revalorisation des minima sociaux, celles des travailleurs sans-papiers pour leur régularisation, mais aussi celles contre les licenciements, la diminution des effectifs ou la disparition des garanties collectives (cheminots, employés de banques, postiers, ouvriers des chantiers navals, etc...) rappellent qu’il ne peut y avoir de conciliation entre des intérêts opposés.

Aux droits du Capital, les travailleurs et chômeurs doivent opposer le droit du plus grand nombre à gérer la société pour la satisfaction des besoins humains et non ceux de quelques milliardaires insatiables. Il est plus que jamais nécessaire d’imposer que pas un homme, pas une femme, pas un enfant ne se retrouve démuni, sans emploi, sans revenu, sans logement, sans papiers, sans perspective. Exiger la création d’emplois dans le privé et le secteur public pour permettre l’embauche de tous les chômeurs, exiger un revenu minimum qu’on travaille ou pas, exiger la réquisition des logements vides pour loger tous les SDF et les mal-logés, exiger la libre circulation des hommes et des femmes de toutes nationalités, c’est ouvrir le droit à une vie décente pour tous.

Et ces droits là ne se mendient pas, ne se décrètent pas dans les salons dorés des ministères ou des Nations unies, ils se prennent, ils se réquisitionnent.

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