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Accueil > Éditos de bulletins > 2009 > mai > 25

Faire confluer toutes nos luttes en une seule

Côté gouvernement, après un petit vent de panique devant la vague de séquestrations de patrons, de grèves contre les plans de licenciements, des manifestations nationales massives de janvier, mars et même du 1er mai, c’est le retour à l’arrogance : on envoie les CRS ou les gendarmes pour évacuer les salariés qui occupent leur usine, on en traîne d’autres en justice, on menace les étudiants, on répète qu’on ne changera rien à toutes ces « réformes » qui assassinent le service public…

C’est que, ces derniers mois, Sarkozy et le grand patronat ont cru à la possibilité d’une grève générale, et l’ont crainte. Face à la montée de la mobilisation aussi bien dans le secteur privé que chez les hospitaliers, les enseignants ou les postiers, gaziers et électriciens, ils l’ont senti venir, le vent du boulet de l’explosion sociale. Mais, pour l’heure, ils poussent un petit soupir de soulagement. Ils misent sinon sur une sorte de répit sur « le front social », comme ils disent, du moins sur le reflux des colères, chacune bien canalisée dans son seul secteur.

A nous, salariés des trusts de l’automobile, de la chimie et d’ailleurs et de la sous-traitance, ceux du secteur privé comme du secteur public, de les détromper. Que s’ils misent sur la petite diversion des élections européennes ou sur la « responsabilité » des principales confédérations syndicales pour empêcher que l’incendie ne se propage, ils oublient l’essentiel : la profondeur de l’exaspération du monde du travail, qui refuse de faire plus longtemps les frais de leur crise.

La journée du 26 mai

Il faut dire que les 8 confédérations syndicales qui se sont félicitées de leur unité « historique » pour appeler ensemble aux manifestations du 1er mai, ne se sont pas trop foulées pour confirmer les craintes gouvernementales. Elles ne se sont pas servies de leur unité retrouvée pour booster le moral des travailleurs en les invitant à unifier leurs luttes. Non. Elles se sont réunies pour appeler à une des ces journées d’action dispersées et « à la carte » dont elles ont le secret, où elles s’en remettent en fait à l’initiative de chacun pour mieux éviter, justement, de prendre leurs responsabilités vis-à-vis des salariés. Et elles ont repoussé au lointain 17 juin une journée de manifestation nationale. Bref, cette belle unité des grands appareils n’appelle surtout pas à l’unification des luttes.

Qu’à cela ne tienne : à nous, travailleurs du rang, d’unifier nos luttes et d’imposer dans la foulée une unité d’un tout autre genre : celle qui renforce, pas celle qui fait écran.

Toutes les occasions sont bonnes pour se préparer réellement à cette grève générale que redoutent tant ceux qui aujourd’hui tiennent le manche. Même cette journée d’action du 26 mai, qui pourrait prendre un tout autre caractère que prévu si, dans bien des régions, nous décidions de nous rassembler et manifester ensemble, avec nos revendications communes, et montrer ainsi la voie à suivre.

Le petit épisode des élections Européennes

Elles ne changeront strictement rien à notre sort en cette période où la « crise économique » sert de prétexte aux attaques tous azimuts contre le monde du travail à commencer par l’emploi et les salaires.

L’Europe des travailleurs ne viendra pas des élections, mais de la mobilisation d’ensemble des salariés, à l’échelle européenne, pour imposer l’interdiction des licenciements, 300 € d’augmentation mensuelle et un salaire minimum de 1500 € net, le contrôle des travailleurs sur les comptes et la marche des entreprises comme de ceux de l’Etat.

Ce programme, les partis de gauche, PS ou Front de gauche du PC et de Mélenchon, se gardent bien de le défendre. Si le bulletin de vote peut servir à quelque chose, le 7 juin prochain, ce sera en exprimant notre volonté d’en découdre et d’imposer ces objectifs en se prononçant pour les candidats d’extrême gauche, ceux soutenus par Olivier Besancenot ou Arlette Laguiller. Ceux qui disent clairement que la force des travailleurs viendra de la convergence de leurs luttes, de la grève générale, en France comme dans le reste de l’Europe.

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