Après un vote pour la riposte d’ensemble, restera à l’engager
25 mai 2009 Éditorial des bulletins L’Étincelle
La journée du 26 mai, comme l’ont voulue les confédérations syndicales, sera celle de la plus grande dispersion … et du plus faible impact. Selon les secteurs, selon les localités, selon les entreprises, selon les accords entre syndicats, c’est donc la grève, ou un rassemblement, ou les deux, ou rien du tout ! Une vraie loterie, où personne ne peut gagner.
Heureusement que les grands patrons et les gouvernants qui les servent savent que la colère des travailleurs ne se mesure pas aux manœuvres et échappatoires des Thibault, Mailly et autres Chérèque. Face à la crise, face aux sommes colossales que les Etats versent aux banquiers et aux grosses entreprises (dont celles de l’automobile), sous couvert de « plans de relance » qui ne maintiennent que profits et dividendes mais coulent les emplois et les salaires, les travailleurs n’imposeront leur plan de sauvegarde que par leurs mobilisations. Et pas n’importe lesquelles, seulement si les luttes éparses et isolées convergent dans une explosion sociale généralisée.
Il n’a pas manqué de luttes ces derniers mois, contre les patrons qui mettent au chômage total ou partiel, contre ces politiciens et PdG de luxe qui imposent aux salariés des sacrifices. Mais il manque à la colère ouvrière une volonté politique d’agir tous ensemble, pour une grève générale. Sans cette riposte d’ensemble, dans ce contexte de crise que tous comparent à celle des années 1930 (qui a mené au fascisme et à la guerre), les dirigeants du monde capitaliste s’échinent à ravaler les travailleurs de la planète à des conditions de vie d’un quart monde.
Et parlons déjà des travailleurs d’Europe. Dans cette campagne électorale qui commence, autant l’UMP de Sarkozy que le Parti socialiste de Aubry, ou le Modem de Bayrou, nous chantent que nous ne devrions pas avoir « peur de l’Europe ». Mais il y a leur Europe et la nôtre. Leur Europe est celle des actionnaires des grands trusts et leurs multiples sous-traitants qui avec l’aide des Etats, se sont taillés, pour leur profit maximum, une vaste zone de circulation des marchandises et des hommes (y compris illégale selon eux, qui leur rapporte encore plus !). Licenciements partout ! Pressions sur les salaires et les retraites partout, même si les mêmes patrons versent en Roumanie ou en Pologne des salaires dix fois moindres qu’en France ou en Allemagne. Les brigands s’appellent Continental, Renault, PSA, Fiat, Volkswagen ou Opel… et les gouvernements, de gauche comme de droite, sont leurs larbins.
Notre Europe est tout autre, c’est celle de 300 millions de travailleurs en activité ou condamnés au chômage (sur une population totale de 490 millions), qui représentent une force potentielle irrésistible pour les luttes à venir, quand la mobilisation blackboulera enfin les critères de rentabilité capitaliste et permettra :
- de lever le secret bancaire par le contrôle des salariés sur les comptes et mouvements financiers des trusts et des banques,
- d’imposer des embauches massives en utilisant les milliers de milliards versés aux patrons par les Etats, aujourd’hui destinés à la minorité des profiteurs, à des investissements socialement utiles,
- d’aligner par le haut les conditions de salaires et de travail de tous les pays d’Europe, pas de salaire ni retraite à moins de 1500 euros pour tous,
- de contrôler la destination des investissements pour empêcher les mafias industrielles de polluer et saccager l’environnement tout en ruinant les populations locales, en Europe comme ailleurs.
Les travailleurs d’Europe, un des continents les plus industrialisés de la planète, auraient la force de faire sauter les verrous capitalistes qui bloquent l’humanité. Et dans ces élections européennes du 7 juin prochain, les votes qui seront utiles aux travailleurs sont ceux qui se porteront sur les candidatures soutenues par Olivier Besancenot et Arlette Laguiller : parce qu’ils exprimeront que des centaines de milliers de travailleurs ont confiance en leurs propres luttes et elles seules, et en la convergence de celles-ci dans un mouvement d’ensemble, seul moyen d’imposer et faire aboutir un plan de sauvegarde vital.

