Le 11 mars votons Lutte Ouvrière
26 février 2001 Éditorial des bulletins L’Étincelle
La campagne des Municipales bat son plein et avec elle son cortège de promesses et de résolutions sans lendemain. Pour les politiciens, de droite ou de gauche, elles ne sont qu’un prétexte pour des ambitions locales voire nationales. Comme par enchantement ils redécouvrent tous les six ans les problèmes de la commune. Ils ressortent leurs discours démagogiques sur l’insécurité, la misère des quartiers, les budgets sociaux, l’aménagement urbain ou, pour les plus audacieux, la « démocratie citoyenne ».
Aucun des grands partis n’est épargné par des affaires de corruption, de détournement d’argent public. Pourtant, sans vergogne, tous prétendent que leur gestion municipale serait au service du plus grand nombre. La bonne blague !
La gestion des municipalités n’est que la réplique réduite des politiques nationales. Il y a des patrons qui sympathisent avec la droite comme Michelin, d’autre avec la gauche comme Riboud, le patron de Danone. Mais tous licencient en toute légalité, se permettant de ruiner parfois des régions entières d’une simple signature, tout en annonçant des profits en hausse. Tout cela ne serait pas possible sans la complicité du gouvernement, hier celui de la droite amie des riches, aujourd’hui de la gauche.
Car la responsabilité du Parti Socialiste, appuyé par le Parti Communiste ou les Verts, est écrasante. Les lois Aubry sur les 35 heures ont permis la flexibilité, la précarisation du travail, le gel des salaires. Le même gouvernement a permis au Medef de concrétiser le PARE, pour écraser encore un peu plus les chômeurs… et les salaires de ceux qui travaillent. Et si Jospin a remis, provisoirement, ses attaques contre les retraites à plus tard, ce n’est pas par intransigeance politique mais pour de sordides calculs présidentiels. Comme Chirac.
On nous parle de la reprise économique. Et il est vrai que les profits des entreprises et des spéculateurs n’ont jamais été aussi élevés. Mais la misère est toujours là. Elle augmente même souvent, du fait que les emplois stables disparaissent au profit d’emplois précaires ou de temps partiels, qui diminuent les statistiques du chômage mais ne permettent pas d’atteindre le SMIC.
Il est plus que temps d’inverser les priorités. Rien n’a jamais été gagné sans la lutte des travailleurs, que ce soit les congés payés ou le maintien des salaires. Bien sûr, on ne peut changer la société en un instant. Mais par contre on peut combattre et résister, en se regroupant mais aussi en se comptant.
Les élections n’ont pas comme fonction de changer la société (sinon cela ferait longtemps qu’on les aurait interdites). Mais elles peuvent permettre de faire entendre une autre voix que celle des partis gouvernementaux de droite ou de gauche. La voix du plus grand nombre, des travailleurs, des exploités, des pauvres, des jeunes sans perspectives.
Une municipalité dirigée par des révolutionnaires ne pourraient résoudre tous les problèmes car ils se règlent en dernier ressort à l’échelle nationale, sinon à celle de l’Europe, voire de la planète. Mais elle pourrait servir de base arrière pour les luttes des travailleurs. En imposant une vraie démocratie, avec le contrôle des populations sur les budgets et sur l’application des politiques votées. En aidant les travailleurs qui luttent contre les licenciements, ou contre les expulsions des plus pauvres de leurs logements. En un mot, en aidant à ce que les travailleurs prennent leurs affaires en main.
Même quelques conseiller municipaux seulement, mais représentants authentiques des travailleurs, pourraient aider les inévitables combats qu’il va bien nous falloir livrer.
En votant pour les listes Lutte Ouvrière partout où il y en a, il est possible de montrer que nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas renoncer à changer notre sort, à ne plus accepter ni les mauvais coups de la droite ni les capitulations ou les trahisons de la gauche, à dire que nous savons qu’une autre voie est possible… et que nous sommes décidés à l’emprunter.

