Mon autorisation de sortie commençait à seize heures. Il était treize heures trente. Pour passer le temps, je zappais distraitement sur les chaînes TV. Elles ne parlaient que du procès des masques. Ils avaient arrêté des migrants syriens qui travaillaient dans des caves du 93 pour le compte d’un autre migrant, un Pakistanais en situation régulière. Les masques qui sortaient de ces ateliers clandestins étaient étiquetés « Made in China » et accompagnés de faux certificats obtenus grâce à la complaisance d’un fonctionnaire des douanes qui avait mystérieusement disparu. Sur BFM, une soignante essayait de dire qu’ils servaient de boucs émissaires, mais l’animateur ne lui en laissait pas placer une. Il lui posait sans cesse la même question : « Mais n’êtes-vous pas indignée par cette escroquerie ? Ne pensez-vous pas que ces gens-là sont des criminels ? » Elle commença une phrase du genre « À mon avis, les plus grands criminels… » mais fut à nouveau interrompue.

