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Accueil > Éditos de bulletins > 2001 > juin > 25

Vive la révolte des jeunes en Algérie ! A bas les généraux assassins !

Depuis maintenant plus de deux mois la révolte de la jeunesse pauvre a explosé en Kabylie. C’est à la suite de l’assassinat de l’un des leurs dans un poste de gendarmerie que des jeunes avaient commencé à manifester. Au risque de leur vie, ils n’ont pas hésité à s’affronter aux forces de l’ordre, pour dire qu’ils en avaient assez de subir la misère, le chômage et le mépris des forces militaires et policières.

Depuis, la révolte n’a pas cessé de s’amplifier, malgré la répression qui a déjà fait des dizaines de morts, des milliers de blessés. Et des dizaines de personnes ont disparu après avoir été arrêtées par la police. Le pouvoir avait bien tenté dès le début de circonscrire la révolte à la Kabylie et de lui opposer le reste de l’Algérie, prétendant que le soulèvement visait la seule reconnaissance de droits culturels et linguistiques propres à cette région. Il avait tenté aussi de discréditer les jeunes auprès de la population, les présentant comme des casseurs, les accusant d’être manipulés. Sans succès. Car dès le départ, c’est la lutte contre la misère et la dictature que les jeunes de Kabylie ont mise en avant. Et cette lutte concernant toute la population d’Algérie, la révolte, commencée en Kabylie, a fait tache d’huile et s’est étendue à d’autres régions du pays : dans les Aurès, à Annaba, Batna, Biskra, Tebessa ou Constantine.

Depuis la manifestation du 14 juin qui a rassemblé à Alger plus d’un million de personnes, la répression s’est faite encore plus féroce. En ce moment en Algérie, non seulement les forces de police ou de gendarmerie tirent et tuent des manifestants dans la rue, mais elles entrent dans les maisons des quartiers populaires touchés par la révolte, pour les incendier, tuer ou violer.

La férocité de cette répression est à la mesure des craintes du pouvoir algérien face à la révolte populaire. Car le clan des militaires au pouvoir tire ses privilèges du détournement des richesses du pays, du pillage de l’exploitation du gaz et du pétrole. Et l’enrichissement fulgurant des classes dirigeantes algériennes pendant la décennie écoulée s’est fait à la faveur de la guerre civile. Les massacres incessants ont fait au bas mot 150 000 victimes durant cette période. La population s’est retrouvée prise en étau entre deux bandes de tueurs, celle des Islamistes et celle des escadrons de la mort du pouvoir. Ce climat de terreur a été voulu et entretenu par les sommets dirigeants, dans le but d’écarter les risques d’explosion sociale. Il a permis de faire subir à la population les plans de licenciements massifs, le chômage, et le développement généralisé de la pauvreté et de la misère, à un degré inconnu jusqu’alors dans le pays.

Mais la peur a laissé place à la colère. La révolte contre la terreur des généraux assassins se double d’une révolte sociale contre la misère. A Annaba, c’est le manque d’eau, à Dira ou Béjaïa, ce sont les licenciements et les fermetures d’usines qui ont provoqué les émeutes. Dans plusieurs villes, des groupes de sans-logis ont occupé des centaines d’immeubles vides ou qui viennent d’être construits. Le risque de l’extension à la classe ouvrière fait trembler le pouvoir, car les travailleurs algériens auraient les moyens de couper les revenus de la classe dirigeante, ainsi d’ailleurs que ceux des trusts internationaux qui exploitent les richesses du pays.

Les gouvernements de la France ou des USA par exemple, sont les premiers intéressés au maintien de la dictature, et les premiers à s’inquiéter d’un risque d’une révolte générale en Algérie, sans parler du risque d’extension à des pays voisins comme la Tunisie ou le Maroc. Pendant que les jeunes manifestants se faisaient matraquer à Alger, les patrons français, qui détiennent un tiers du marché algérien, faisaient dans cette ville des affaires à la Foire Internationale ! Et au vu du soutien sans faille de l’Etat français au régime des généraux, on peut juger de l’hypocrisie de la récente déclaration de Védrine, porte-parole du gouvernement Jospin, prétendant comprendre les révoltés.

Si la France des Chirac et Jospin, des Bouygues et des Totalfina est du côté des généraux assassins, celle des travailleurs doit être entièrement aux côtés du peuple algérien !

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