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Accueil > Éditos L’Étincelle > 2021 > mai > 31

Violences : l’insécurité est d’abord sociale !

Vendredi 28 mai, une attaque au couteau a eu lieu à la Chapelle-sur-Erdre, près de Nantes. Une policière municipale a été blessée et son arme subtilisée par un forcené qui a blessé un gendarme après avoir pris une personne en otage. Cet événement tragique – qui a eu pour seule mort celle de l’assaillant – est révélateur de bien des maux de notre société. Qui posent la question : comment en est-on arrivé là ?

Les partisans de l’ordre

Les politiciens en campagne électorale s’en sont immédiatement donné à cœur joie. Un agresseur musulman présumé, un couteau, et voilà une nouvelle campagne sécuritaire. Comme il s’agit d’un ancien détenu de droit commun, voilà une débauche d’amalgames décrivant un terroriste radicalisé libéré par une justice laxiste ! « Il faut des prisons, des peines plancher, développer la surveillance électronique », surenchérissent les politiciens, de droite comme de gauche. Sauf qu’on est loin du compte !

D’où vient la violence ?

Car voilà, les démagogues ont dégainé comme d’habitude trop vite. L’assaillant était certes croyant. Mais, surtout, il était atteint d’une grave maladie mentale. Que faisait-il donc dans les rues ? Pourquoi n’était-il pas à l’hôpital pour y être soigné ? Tout simplement parce que, dans ce pays, on tue à petit feu les urgences psychiatriques dont le personnel est en sous-effectif, au bord du burnout – les suicides ne sont pas rares parmi les travailleurs de la psychiatrie.

Et ce serait la prison qui nous protégerait de ce genre de personnes avant tout malades ? Qui peut croire qu’on soigne une maladie mentale entre quatre murs en béton ? Autant qu’ailleurs, plus qu’ailleurs, c’est de personnel compétent et en nombre suffisant dont on a besoin pour prévenir de telles situations. Les économies du gouvernement dans la santé ont des conséquences dramatiques qui pourraient être évitées.

L’insécurité : de quoi parle-t-on au juste ?

Pour les politiciens, le principal problème serait celui de l’insécurité. Quelle insécurité ? Du côté des violences en général, elle n’a pas vraiment augmenté.

Et si le sentiment d’insécurité est bien réel, c’est sur un autre terrain. Avec un million de personnes supplémentaires passées sous le seuil de pauvreté, un chômage qui explose, des licenciements qui se multiplient, le contexte est très anxiogène. Si l’on ajoute l’absence d’avenir pour les jeunes – y compris les étudiants –, les retraites des anciens trop souvent misérables, on peut se sentir piégé.

La violence ne tombe pas du ciel. Bien sûr que l’augmentation de la misère produit des tensions, du désespoir ! Il est légitime de faire le lien entre les profits record du CAC 40 et la pauvreté grandissante. La preuve ? Alors que huit millions de personnes étaient dépendantes de l’aide alimentaire, entre mars 2020 et mars 2021, les milliardaires français ont vu leur fortune augmenter de 40 %. Mais les politiciens nous proposent la peur pour seul horizon, pour que l’on ne s’attarde pas sur ces chiffres révélateurs de l’injustice de leur société.

Combattre l’insécurité… sociale !

On ne combattra pas la violence à coups de caméra de surveillance, de déploiement policier, visant toujours les quartiers populaires.

On ne combattra pas les maladies mentales à coups de matraque ou de peine prolongée. On ne combattra pas la misère en construisant plus de prisons.

Alors, c’est vrai, le climat social est lourd. Mais un climat ça se change. Bien sûr par des luttes, mais souvent aussi par de la solidarité entre travailleurs sur les lieux de travail et dans nos quartiers. Et ça commence par ne pas céder aux hurlements sécuritaires des ennemis des travailleurs.

Les politiciens, et derrière eux la bourgeoisie, n’ont pas de solutions puisque c’est leur course aux profits qui est à l’origine de la majorité de nos problèmes. La peur empêche de réfléchir, d’agir, c’est une évidence, mais nous sommes de plus en plus nombreux à ne pas être dupes.

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