Villepin persiste et signe, après le 4 octobre la lutte doit s’amplifier
10 octobre 2005 Éditorial des bulletins L’Étincelle
Travailleurs du secteur privé et du secteur public confondus, ouvriers, techniciens, employés, stagiaires ou cadres, la journée de grève et de manifestation du 4 octobre dernier a été l’occasion d’exprimer notre mécontentement face à la politique anti-sociale du gouvernement.
Mais ce que nous avons pu aussi vérifier, c’est qu’il va falloir bien autre chose qu’une journée d’action, même réussie, pour entamer la détermination de ce gouvernement à casser la législation du travail pour généraliser la précarité ; à casser les services publics pour offrir des secteurs rentables aux financiers ; à démanteler la protection sociale ; et à user de la démagogie raciste en s’attaquant aux droits des immigrés.
Ce gouvernement a couvert de calomnies les marins de la SNCM, les accusant de « piraterie », les faisant emprisonner, leur envoyant les CRS. Mais là, il a eu affaire à des travailleurs qui se sont engagés dans la lutte et ont réussi à gagner le soutien des salariés des ports de Marseille et de Corse. Alors, quoiqu’il en dise, il a bien dû reculer quelque peu et relâcher les marins emprisonnés.
Les traminots à Marseille, les cheminots à Toulouse, ont poursuivi le mouvement au-delà du 4. Les travailleurs qui ont continué là et ailleurs l’action, ont le juste sentiment que c’est le seul langage susceptible de faire reculer le gouvernement et les patrons. Qu’y a-t-il à « négocier » dans une situation où ceux-ci tiennent encore le haut du pavé ? Tant que les luttes, pourtant bien réelles - contre les licenciements comme chez Hewlett Packard, pour les salaires comme la raffinerie Total de Normandie en grève pour 200 euros - restent encore dispersées ?
Mais les directions syndicales, et les directions des partis de gauche, tout en prétendant parler au nom des travailleurs, ne sont pas pressées de donner la suite nécessaire à la journée du 4 octobre par une réelle amplification de la lutte. Au lendemain, l’Humanité, journal du PCF, a ainsi commandité un « sondage exclusif » visant à faire plébisciter sa demande d’une « ouverture de négociations sur les salaires et la précarité ». Même son de cloche chez le dirigeant de la CGT, Bernard Thibault : « Le gouvernement devrait immédiatement nous inviter à une table de discussion pour lister les sujets à soumettre à des négociations. Le MEDEF, lui, doit (...) négocier réellement une augmentation des salaires par branche. »
Faut-il rappeler que la précédente journée d’action du 10 mars, avait déjà été suivie de « négociations par branche »... qui n’ont pas empêché le gouvernement de promulguer ses décrets scélérats parmi lesquels figure le « contrat nouvelle embauche » ? Se félicitant de la tenue de ces négociations dans 4 à 5 branches professionnelles au cours de ces 7 derniers mois, Jean-Claude Mailly, leader de FO nous propose de poursuivre ce cycle alterné journée d’action / négociations. A ce rythme et à raison de 200 branches professionnelles, il faudrait 20 ans pour en venir à bout !
Il ne s’agit pas de se laisser promener par les directions syndicales, qu’elles soient unies ou divisées, de journée d’action en journée d’action, de six mois en six mois comme pour les dernières, ou même plus rapprochées. Préparer la lutte d’ensemble, donner des objectifs communs à tous les salariés, construire la confiance dans les perspectives d’une véritable grève générale jusqu’à satisfaction, tout en permettant aux travailleurs de se lier d’une entreprise à l’autre et ainsi d’assurer le contrôle de leurs luttes, voilà les tâches indispensables qui concernent les militants ouvriers et tous les travailleurs.
Avec les salariés de tous statuts, les précaires et les chômeurs, travailleurs français et immigrés, avec ou sans papiers, autour des revendications qui nous concernent tous :
l’interdiction des licenciements
un logement, un emploi, les mêmes droits
300 euros mensuels d’augmentation des salaires pour tous !
maintien des services publics
Tous ensemble on peut régler leur compte aux « pirates » qui nous gouvernent et qui pratiquent le hold-up sur nos salaires et nos emplois, quand ce n’est pas notre logement et notre liberté !

