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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > février > 25

Venezuela : à qui profite la crise ?

Ce week-end, les convois « d’aide humanitaire » ont été bloqués aux frontières du Venezuela avec la Colombie et le Brésil. C’est avec le soutien de Donald Trump, mais aussi d’Emmanuel Macron, que Juan Guaidó s’est proclamé président à la place de Nicolas Maduro. Défenseur de la démocratie, ce jeune loup de droite ? L’affaire est cousue de fil blanc.

Depuis un mois, les États-Unis, l’Union européenne et des gouvernements réactionnaires latino-américains font pression pour mettre à bas le régime de Maduro. Et les quelques cartons « d’aide humanitaire » promis ne sont rien à côté des conséquences des sanctions économiques prises par Trump, qui se dit par ailleurs prêt à une intervention militaire.

Pourtant le régime de Maduro, comme que celui de Chavez avant lui, n’a rien de « socialiste », rien de vraiment favorable à la population pauvre. C’est avec l’appui d’une large partie de l’armée que l’officier Hugo Chavez avait été élu, en 1998, président d’un pays en pleine crise économique et sociale. La montée du cours du pétrole dans les années qui ont suivi avait permis à son régime de prendre quelques mesures sociales. Si cela marchait un peu sur les pieds d’une fraction de la grande bourgeoisie vénézuélienne, la plus liée aux États-Unis, il n’était pas question pour Chavez de toucher le moins du monde aux banques, aux hommes d’affaires vénézuéliens. La corruption du régime a limé sa popularité. L’effondrement du cours du pétrole a ruiné l’économie et fait plonger la population dans la misère. C’est, semble-t-il, l’occasion rêvée pour les États-Unis et autres grandes puissances de se débarrasser d’un régime qu’ils ne jugent pas assez docile à leurs intérêts.

Il n’est pas de sauveur suprême, pas plus un Maduro qu’un Chavez, pas plus que jadis un Lula dans ce Brésil où un homme d’extrême droite a profité de la crise pour venir au pouvoir. Certainement pas non plus un Guaidó, à la solde de la bourgeoisie vénézuélienne et des États-Unis. Face à la misère qui s’aggrave en Amérique Latine, les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs luttes.

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