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Une réunion virtuelle « Transports », le samedi 9 mai, opportune et militante

Samedi dernier 9 mai, à la veille du déconfinement à la sauce patronale du 11 mai, où Macron et son gouvernement ont prévu que les petites écoles soient la garderie du Medef tandis que les transports en commun en seraient les taxis – reprise des profits oblige ! –, une réunion virtuelle large, ouverte aux salariés des transports de diverses villes et secteurs (métros, bus, trains), a eu lieu, à l’initiative de camarades du NPA alimentant le site Révolution permanente – avec la participation de camarades des transports de notre propre courant l’Étincelle-NPA.

{} Se sont connectés plusieurs dizaines – quelque soixante – camarades de la SNCF, RATP, Keolis, Transdev, TAN, Tisseo, Onet, de divers dépôts, terminus et gares de la région parisienne, comme de Nantes, Lyon, Toulouse, Mulhouse en particulier. Une bonne partie des présents et présentes étaient parmi les fidèles de l’ex-« coordination RATP-SNCF » qui s’était constituée et réunie durant la grève contre la réforme des retraites de l’hiver dernier, à l’initiative de cheminots du NPA – de divers courants – ayant eu à cœur de nouer des liens avec des travailleurs et militants de la RATP, déjà avant le début de la grève, le 5 décembre, et pour mieux la préparer.

Malgré les conditions difficiles de militantisme sous confinement, où toutes et tous se sont trouvés soudain dans des situations différentes (les uns à la maison, en maladie ou garde d’enfants, les autres au boulot, pour tout ou partie de leur temps), le réseau ne s’est pas disloqué. Au contraire, il s’est élargi à de nouvelles villes de province (à l’ex-coordination n’avaient participé que des cheminots de Lille et Strasbourg) et à de nouveaux secteurs, surtout de transports urbains autres que de région parisienne.

La rage !

Ce qui de toute évidence nous a rassemblés, ce samedi 9 mai, c’est « la rage » contre la politique du gouvernement et des patrons du transport, tous autant qu’ils sont ; une politique qui n’a cessé d’exposer les salariés au virus sans le minimum de protection nécessaire – les présentes et présents à la réunion ont d’ailleurs fait le point des contestations et tentatives de réaction, sous confinement, pour contrer cette politique.

Ce qui nous a rassemblés aussi, c’est un certain militantisme syndical, pas de concertation avec les patrons, en tout cas pas de compromis avec eux, surtout dans cette période où l’on nous prêche l’union autour de prétendus intérêts d’entreprise communs : un énorme mensonge ! Nous défendons nos vies et celles de nos proches et usagers, les patrons défendent leurs profits. Notre milieu syndicalisé a la volonté – rare et appréciable – de mêler les étiquettes, de réunir avec une grande satisfaction et côte à côte des syndiqués à la CGT comme de Sud voire de l’Unsa… et non-syndiqués aussi, sans défiance à leur égard. Pas de sectarisme, pas d’ostracisme ! Ce qui rompt avec les habitudes jalouses et sclérosées des principales structures et directions syndicales. Attitude non sectaire qui s’est imposée aussi dans la lutte récente contre le projet de réforme des retraites de Macron.

On peut aussi se féliciter qu’une partie des présents, au-delà de la nécessaire lutte revendicative, soient intéressés – et pour certains déjà acquis – à des perspectives révolutionnaires à mettre en avant pour leur classe. La dernière grève avait déjà pas mal éclairé sur la politique des patrons et de leur État, à commencer par leur arrogance répressive et policière. Leur gestion de la pandémie et leur façon d’envoyer des travailleurs « au front » confirme qu’il s’agit de contester l’ensemble d’un système – capitaliste – qui sacrifie les vies aux profits, à l’échelle internationale.

Après une introduction de notre camarade Anasse Kazib, cheminot au Bourget dans la région parisienne, sur la nécessité de se concerter, de parler d’une même voix, travailleurs de tous secteurs des transports (« nous ne sommes pas corporatistes »), de réagir à la veille du 11 mai, mais au-delà aussi, face à la volonté de nous faire payer la crise sanitaire et économique, dans le silence assourdissant des directions syndicales, les interventions se sont succédées. Une foule de témoignages, rageurs et poignants, sur la colère d’avoir perdu des camarades et proches morts du Covid-19, sur les réactions nécessaires aux mauvaises conditions sanitaires d’organisation du travail amplifiées probablement à partir du 11 mai ; réactions nécessaires aussi à la mesquinerie des attaques patronales (vol de congés, recours inutile mais lucratif au chômage partiel, etc.). Des interventions ont dénoncé la façon dont les salariés du nettoyage ont été mis en première ligne.

L’ambiance était chaude et chaleureuse. Irrévérencieuse, exprimant l’envie générale de « se les farcir » en parlant du gouvernement et du patronat. Discussion à bâtons rompus dépassant largement les questions du « transport », portant sur la situation des camarades des hôpitaux et sur la société en général et son organisation pour les profits, sur le « service public » et sa défense. Des camarades de l’Étincelle ont nuancé aussi (car voilà longtemps que le service public n’est plus au service du public mais d’intérêts privés !) et ont souligné l’importance, pour les combats à venir, des revendications essentielles de salaire et d’emploi.

Les camarades de Révolution permanente ont insisté sur l’intérêt d’une « grande campagne » médiatique, relayée par des vidéos, interviews online. Ce qu’ils réalisent avec succès dans un milieu populaire. La médiatisation est importante, évidemment, mais il va surtout falloir continuer à nous organiser entre nous, en virtuel en attendant le réel, par la base, pour préparer les prochaines batailles. Ce qui fait accord. Pour ce faire, il va falloir se « revoir », en numérique en attendant de se voir « en vrai ». Ce qui est décidé puisqu’un prochain rendez-vous a été fixé au 21 mai.

Correspondant(e)s L’Étincelle-NPA des transports


À l’arrivée d’un train à la gare Saint-Lazare, le 11 mai au matin

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