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Archives > Éditos L’Étincelle > 2019 > avril > 1er

Un vent de contestation générale

Son prétendu « Grand débat » est arrivé à son terme. Et même si Macron, qu’on dit « épuisé » et « proche du burn-out », joue encore les prolongations, il devrait bientôt rendre ses « conclusions »… Mais pendant qu’il rêve de « mesures à effet waouh », les Gilets jaunes, mobilisés depuis plus de quatre mois, continuent sans relâche à affronter les matraques et les grenades pour revendiquer des conditions de vie dignes et une plus grande justice sociale. Ils n’attendent rien des mesurettes à venir du gouvernement, et ils ont raison ! Car le ton est donné : le gouvernement ne changera rien aux attaques programmées contre l’ensemble des travailleurs. La réforme des retraites se prépare, et celle de la Fonction publique est en route.

Licenciements à la pelle

Le patronat attaque. Les annonces de licenciements reprennent de plus belle. Dans la Sarthe, ce sont plus de 800 salariés de la papeterie Arjowiggins qui devraient se retrouver sur le carreau. Les salariés, au chômage technique depuis bientôt trois mois, sont en colère, eux qui ont été baladés depuis des mois dans l’attente d’une potentielle reprise, invités par les pouvoirs publics, les élus locaux et leurs directions syndicales à ne pas trop faire de vagues pour ne pas inquiéter les éventuels repreneurs... Pourtant le groupe Sequana, propriétaire de l’usine, affiche un chiffre d’affaire de 2,8 milliards d’euros en 2017 : largement de quoi garder tous les emplois, en rognant un peu sur les bénéfices !

La fermeture d’Arjowiggins viendrait s’ajouter à bien d’autres plans de licenciements et fermetures d’usines annoncées ces dernières semaines par des groupes florissants : Kingfisher, qui devrait fermer 11 magasins Castorama et Brico Dépôt ; Carrefour, qui après avoir supprimé 4 500 emplois l’année dernière, voudrait en supprimer à nouveau 1 300 en 2019 ; les groupes automobiles, qui programment 10 à 15 000 suppressions d’emplois, avec entre autres la fermeture des usines de Ford Blanquefort, PSA Saint-Ouen et PSA Hérimoncourt ou encore la menace de fermeture de l’usine Bosch de Rodez...

Suppressions de postes dans le public

La Fonction publique n’est pas en reste, puisque le projet de loi présenté la semaine dernière à l’Assemblée confirme l’objectif de 120 000 suppressions de postes d’ici 2022, dont 70 000 dans la fonction publique territoriale et 50 000 dans la fonction publique d’État ! Il introduit par la même occasion un panel de mesures pour pousser les fonctionnaires vers la sortie et faciliter ainsi un recours massif à la contractualisation et aux contrats précaires.

Contagion des mécontentements

Mais devant ce panorama, et face à la fuite en avant du gouvernement en matière de répression, les mécontentements se généralisent.

Les Gilets jaunes, toujours mobilisés, sont un exemple de détermination : malgré les blessés et les condamnations, certains commencent à reprendre des ronds-points, ou à se joindre à d’autres mobilisations.

Car la colère s’étend et s’exprime dans une multitude de conflits locaux : pour l’obtention de la « prime Macron », pour l’amélioration des conditions de travail ou pour l’augmentation des salaires, comme en région lyonnaise où les éboueurs sont en grève illimitée depuis plus de 15 jours.

Profs, instits et parents d’élèves dans la rue

Les enseignants aussi multiplient les journées de mobilisation contre le projet de loi sur la prétendue « école de la confiance », contre la réforme des lycées, et pour demander plus de moyens pour l’éducation, de la maternelle au lycée. Samedi 30, ils étaient près de 30 000 à manifester partout en France, rejoints par des parents d’élèves, et en plusieurs villes par les Gilets jaunes.

Macron est « isolé », lâché par ses proches conseillers ? Décidément, il n’y a pas que Bouteflika qui se fait lâcher par sa garde rapprochée. En haut lieu, à l’Elysée, certains doivent craindre la confluence des colères. Toutes et tous ensemble, tissons nos liens, confirmons leurs craintes.

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