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Accueil > Éditos de bulletins > 2002 > janvier > 28

Un peuple qui en opprime un autre n’est pas un peuple libre

Les attentats ont repris en Israël frappant de façon aveugle la population. Le gouvernement de Sharon se sert de l’émotion légitime que de tels actes suscitent pour poursuivre une cause injustifiable contre les droits élémentaires du peuple palestinien. Bush et les dirigeants américains lui apportent leur appui, rejetant la responsabilité des attaques sur Arafat et l’Autorité palestinienne. Quand Israël a intercepté un bateau chargé d’armes en provenance d’Iran, Arafat a été accusé par Sharon et par les USA de «  renforcer la terreur  ». Mais c’est en toute impunité que l’armée israélienne peut mener la guerre contre les Palestiniens à coups de chars, de blindés, de bombardiers et de tirs de missiles, des armes fournies en grande partie par les Etats-Unis. Il est évident que les représailles israéliennes alimentent les attentats palestiniens, et notamment la politique systématique d’assassinats de militants et dirigeants palestiniens menée par Israël. C’est d’ailleurs en riposte à un de ces meurtres, à la mi-janvier, que les groupes armés palestiniens ont choisi de rompre le cessez-le-feu.

Si les attentats des kamikazes palestiniens constituent un terrorisme aveugle, que dire alors de la politique systématique de l’Etat d’Israël contre la population palestinienne ? L’attaque d’un poste militaire israélien le 9 janvier avait servi de prétexte à l’armée israélienne pour raser une cinquantaine de maisons à Rafah dans la bande de Gaza, faisant un demi-millier de sans-abri. Et c’est même sans l’ombre d’un prétexte qu’à Jérusalem-Est des bulldozers israéliens ont rasé des maisons palestiniennes. L’administration n’a fait là qu’appliquer le plan décidé en novembre dernier par le maire de Jérusalem, prévoyant de détruire mille maisons palestiniennes par an en les déclarant « construction illégale ». Le but des autorités israéliennes est d’expulser les Palestiniens de Jérusalem pour y implanter des colonies juives. Quant aux régions qui avaient été déclarées « zones autonomes », en Cisjordanie et à Gaza, elles font l’objet d’un blocus implacable. Les villes sont soumises à des contrôles militaires aux entrées qui entravent la circulation des gens, des marchandises, rendant la vie impossible. C’est non seulement l’humiliation des fouilles mais des malades bloqués qui meurent aux portes de la ville, des femmes qui accouchent dans les voitures, des cités privées d’approvisionnement, des travailleurs privés de travail et réduits à la charité.

Non seulement le gouvernement israélien nie le droit à l’indépendance du peuple palestinien mais il nie son droit à l’existence. Sharon veut détruire l’Autorité palestinienne, quand bien même celle-ci a donné des preuves de son désir de collaboration, en réprimant des manifestations palestiniennes ou en arrêtant des terroristes. Dans sa résidence de Ramallah entourée de chars israéliens, Arafat est désormais prisonnier, Sharon ayant décidé de lui supprimer tout pouvoir en attendant peut-être de le supprimer physiquement.

La supériorité militaire écrasante d’Israël peut permettre à Sharon de mener une répression à grande échelle, mais elle ne fait qu’attiser la révolte et la haine des Palestiniens. C’est sa politique qui fournit aux groupes terroristes des volontaires toujours en plus grand nombre. Si les attentats ne constituent nullement une perspective pour les Palestiniens, ils sont par contre l’expression de leur situation de désespoir et de leur volonté de survivre.

Quant à la population israélienne, cette politique ne fait que la plonger davantage dans l’insécurité. Sharon réussit ainsi à créer une situation de guerre permanente entre Israéliens et Palestiniens. Son but est non seulement d’écraser la résistance palestinienne mais aussi d’étouffer toute contestation de la population israélienne, plongée dans une crise économique et sociale sans précédent. Les travailleurs israéliens, tant qu’ils ne reconnaissent pas le droit des Palestiniens à vivre dans la région et avoir leur propre Etat, sont ainsi pris au piège d’un nationalisme qui les enchaîne à leurs exploiteurs, les patrons israéliens et l’impérialisme américain.

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