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Accueil > Éditos de bulletins > 2013 > septembre > 30

Un gouvernement qui Valls avec Le Pen

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls chasse décidément sur les terres du Front National. C’est ce qu’a révélé sa récente déclaration sur les Roms, qu’il faudrait selon lui renvoyer dans leurs pays d’origine, car ces personnes auraient des « modes de vie extrêmement différents des nôtres ». Il a bien dit « différents » ? Les riches portant Rolex au poignet et partant en vacances sur des yachts privés ont bien un mode de vie différent du nôtre, mais Valls ne parle pourtant pas de les expulser.

Une démagogie raciste en vue des municipales

Non. Le gouvernement socialiste préfère s’en prendre aux Roms. Et pas seulement en propos odieux. Lors de la campagne électorale de 2012, François Hollande avait pourtant condamné la pratique des expulsions forcées. « Je souhaite que, lorsqu’un campement insalubre est démantelé, des solutions alternatives soient proposées », avait-il déclaré. Encore une promesse non tenue, puisque le nombre d’expulsions de campements et de squats n’a fait qu’augmenter, sans que pour autant on ne voie la couleur des « solutions » promises. Reste une politique raciste et une chasse aux plus pauvres transformés en boucs émissaires.

À l’approche des élections municipales, les candidats de droite comme de gauche n’hésitent pas à renchérir sur le terrain de la démagogie anti-Roms. Et parfaitement mensongère. Les Roms sont moins de 20 000 en France, chiffre stable depuis une décennie. Ce pays de 65 millions d’habitants aurait mille fois les moyens d’accueillir correctement et sans problèmes cette infime minorité au lieu de les reléguer d’un mini-bidonville à l’autre au fil des expulsions.

Ce sont la pauvreté et les discriminations qui poussent les Roms à quitter leurs pays d’origine. Aucun dispositif public n’est prévu en France pour les accueillir, les forçant à s’installer dans des campements aux abords des grandes villes. Ce n’est pas pour des raisons « culturelles » qu’ils vivent dans ces conditions ! Eux aussi aspirent à une vie « normale ». Mais jusqu’à présent, ceux de nationalité roumaine ou bulgare n’ont pas le droit d’exercer en France le métier de leur choix. Reste les métiers de ferrailleurs, de chiffonniers ou la mendicité forcée. Quant aux aides sociales, les Roms n’en perçoivent aucune. En tant que ressortissants européens, ils ne sont autorisés à rester en France au-delà de trois mois que s’ils disposent de revenus de subsistance jugés suffisants. Comme c’est rarement le cas, ils tombent dans l’irrégularité, donc dans la marginalité avec l’expulsion à l’appui.

Valls et ses pareils distillent les préjugés, mais les travailleurs savent aussi raisonner

On nous présente les Roms comme des mendiants, voire des chapardeurs. Mais qui sont les grands mendiants de cette société, sinon les patrons qui ne cessent de réclamer des aides ? Et qui nous vide vraiment les poches, sinon ceux qui nous font travailler plus pour les mêmes salaires de misère ? Qui sont les pickpockets, sinon ce gouvernement qui s’apprête comme l’ancien à faire main basse une fois de plus sur nos retraites, entre autres ?

Les préoccupations des Roms sont bien plus proches des nôtres que celles des bourgeois qui n’ont rien à craindre des politiciens démagogues, de la gauche à l’extrême droite. Comme nous, tous les jours, ils cherchent à assurer leur subsistance. Même si pour beaucoup ils sont éloignés du travail (en fait tenus éloignés par les règlements pondus par les autorités françaises), ils font partie de notre classe sociale. Une classe sociale que nos adversaires aimeraient bien voir divisée, désorientée et minée par leur propagande raciste.

À nous de refuser de partager les sales préjugés de ceux qui nous gouvernent et nous exploitent. À nous de discerner nos véritables adversaires. Les licenciements, le chômage, ce ne sont certainement pas les Roms qui en sont responsables.

Réactions à cet article

  • Just The Wind, un bon film sur les Roms :
    http://www.arte.tv/fr/6379110.html
    Cette présentation de Arte insiste sur le racisme en Hongrie, « société post-communiste », mais le gouvernement francais ne fait pas mieux.
    Le commentaire d’ARTE parle d’un film « tout en empathie avec les victimes ». C’est un commentaire assez creux par rapport au film dont le ton est cruel, angoissant, sans compromis et surtout pas apitoyé.
    J’espère que quelques cinémas vont remettre ce film à l’affiche rapidement.

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