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Un bon début : la suite maintenant !

195 manifestations dans tout le pays ; entre un million et deux millions de manifestants. La journée du 29 janvier a été un réel succès. Cette grève-là, Sarkozy a bien dû l’apercevoir !

Les travailleurs ont montré massivement leur colère contre la politique des patrons et du gouvernement face à la crise économique. Une politique qui se résume en quelques mots : faire payer leur crise économique aux classes populaires.

La crise, c’est aujourd’hui déjà des dizaines, si ce n’est des centaines de plans de licenciement. Ce sont des mises à la porte d’intérimaires et de prestataires, sans oublier les journées de chômage technique en masse avec les pertes de salaires qu’elles impliquent. L’ANPE a enregistré plus de 100 000 chômeurs supplémentaires pour les seuls deux derniers mois de l’année 2008. La crise, c’est aussi les salaires trop bas, que les patrons refusent d’augmenter sous prétexte de difficultés économiques.

La crise, c’est aussi dans le service public, les transports, les hôpitaux ou l’enseignement, les effets des restrictions budgétaires qui se font sentir vivement, car les départs à la retraite non remplacés pèsent sur les conditions de travail.

Un premier pas vers la convergence des luttes

En même temps, l’État a trouvé sans difficulté des milliards pour aider les banques ou d’autres grandes entreprises comme celles de l’automobile. L’État devait leur apporter son secours (avec notre argent) de toute urgence. Pourtant BNP Paribas, une de ces banques grassement aidées, a annoncé la semaine dernière trois milliards d’euros de bénéfices pour l’année 2008. Nouvelle preuve qu’il ne faut pas croire aux jérémiades des patrons. Encore moins accepter tous les chantages sous prétexte des difficultés économiques.

Des milliards pour les banques, des licenciements pour les travailleurs. Voilà ce qui a poussé les salariés du public ou du privé, jeunes ou moins jeunes, à descendre dans la rue. Mais on ne pourra vraiment parler d’un véritable succès que si le 29 janvier ne reste pas sans lendemain. Si c’est un premier pas permettant au monde du travail de reprendre confiance dans sa force, un pas vers la convergence des luttes, pour un mouvement d’ensemble.

L’exemple de la Guadeloupe

Les travailleurs sont attaqués sur tous les fronts. Ceux de la Guadeloupe en grève générale depuis deux semaines pour le pouvoir d’achat et les salaires nous montrent l’exemple. C’est une riposte collective qui seule pourrait être véritablement efficace. Les revendications communes à toute la classe ouvrière ne manquent pas : l’interdiction des licenciements, l’augmentation des salaires de 300 € pour tous, le maintien et l’amélioration des services publics, le contrôle des salariés sur les comptes des entreprises et des banques.

Les gouvernants, eux, craignent sérieusement la colère ouvrière. A Davos, auprès des « grands » de ce monde, la ministre de l’économie Christine Lagarde a cité comme « risque majeur » de la situation actuelle, les « troubles sociaux » . Ces gens-là ont raison d’avoir la trouille devant la force potentielle des travailleurs en colère. Le soir du 29 janvier, Sarkozy a changé quelque peu de ton et parle de « l’inquiétude légitime » des salariés. Ne nous y trompons pas : pour lanterner les travailleurs, il cherche ainsi à amadouer les dirigeants syndicaux en leur proposant des réunions de concertations, et il est à craindre que parmi ces derniers certains soient prompts à se prêter au jeu.

Raison de plus pour les travailleurs de veiller eux-mêmes à ce que le 29 janvier ne reste pas sans suite. Bien sûr en continuant à participer massivement aux journées d’action que proposent les organisations syndicales, dans la mesure où elles permettront de mesurer notre force. Tout en gardant à l’esprit que ces journées ne peuvent avoir une réelle efficacité qu’en tant que jalons vers une mobilisation plus large, plus déterminée, plus menaçante pour le patronat et le gouvernement. Des grandes manifestations de rue à la grève générale jusqu’à satisfaction, le pas n’est pas si grand. Les travailleurs et non les banques seront alors en situation de dicter leurs exigences !

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