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Turquie : une journaliste derrière les barreaux

23 février 2022 Brève Monde

La journaliste Sedef Kabas vient d’entamer son deuxième mois de détention pour « insulte au président », un délit de plus en plus courant qui permet d’étouffer les voix critiques à seize mois de la prochaine élection présidentielle. D’ores et déjà c’est la professionnelle des médias qui aura passé le plus de temps en prison pour ce délit, relève Reporters sans frontières (RSF). Lors d’une émission de télévision, elle avait cité un vieux proverbe turc affirmant qu’« une tête couronnée devient généralement plus sage », et ajouté « on voit bien que c’est faux ». Elle avait réitéré sa comparaison, jugée insultante pour le président Recep Tayyip Erdoğan et son régime, sur son compte Twitter suivi par 900 000 abonnés. Trois semaines plus tard, elle a été formellement inculpée, sa demande de remise en liberté rejetée et le chef de l’État lui réclame 250 000 livres turques (un peu plus de 16 000 euros) de dommages et intérêts. Elle sera jugée le 11 mars et risque douze ans et dix mois de prison pour insulte au président et à deux de ses ministres. En 2019, plus de 36 000 personnes ont été mises en examen pour outrage présumé au président et 31 000 en 2020. « Cette loi antidémocratique de lèse-majesté est devenue un outil de répression qui illustre la politique autoritaire du gouvernement », a dénoncé le représentant local de RSF, Erol Önderoğlu.

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